Economie autrement: à l’exemple de l’économie sociale et solidaire

mardi, 10.04.2018

René Longet*

René Longet, expert en développement durable.

L’économie est formée d’entrepreneurs poursuivant une idée, de financiers répondant ou non à leur appel, d’équipes de salariés agissant sur divers fronts, de consommateurs accueillant ou non ce qui leur est présenté. Soit, mais qui assure que l’idée n’est pas un gadget de plus, une source de futures nuisances? Qui vérifie avant de prendre le risque de son financement que le projet répond à une vraie utilité? Qui assure, compte tenu des externalités, une concurrence loyale sur le marché?

Selon la théorie économique classique, oreiller de paresse datant du XVIIIe siècle, la rentabilité financière est la mesure de toute chose. Or, la réalité nous montre que cette approche ne garantit pas automatiquement le bien commun. 

Comment expliquer sinon ces coûts reportés sur des tiers que sont les pollutions de l’environnement, le gaspillage de ressources, l’exploitation de la main d’œuvre et/ou du consommateur? 

Un résultat d’exploitation raisonnable

Le succès sur le marché est celui d’une demande solvable qui est souvent tout autre chose que l’expression d’un bienfait plus large.

Il s’agit, bien sûr, d’atteindre un résultat d’exploitation positif, condition du succès de toute activité commerciale. Mais de considérer en même temps que ce dernier doit rester raisonnable et servir autant à la pérennité de l’entreprise qu’à la rémunération des investisseurs. 

Le développement durable

Et surtout, d’associer à la plus-value économique également une plus-value écologique et sociale. C’est précisément cet alignement qu’exprime l’ambition d’un développement durable, d’une économie inclusive, de la responsabilité sociétale de l’entreprise, d’une entreprise citoyenne.

Comme l’a excellemment formulé le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), l’économie durable «est une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources.» 

Une organisation solidaire

C’est là que l’on fait bien de se rappeler d’une forme d’économie née au XIXe siècle: l’économie sociale et solidaire. 

Soit des entreprises à lucrativité plafonnée, au mode d’organisation solidaire, participatif, coopératif, dévolues de par les biens et services qu’ils produisent à une utilité sociale: mutuelles d’épargne, de production, d’assurance, de consommation. 

De grandes entreprises comme Raiffeisen, Coop, Migros, des coopératives de logement émanent de ces orientations. Ce qui les a fait naître est de nature à inspirer leur avenir et éclairer notre chemin vers l’économie de la durabilité.

*Expert en développement durable 






 
 

AGEFI




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