Changement de cap: de cadre à chef d’entreprise

mercredi, 04.04.2018

Jacques Meyer*

C’est la tendance que l’on observe actuellement, une tendance qui n’existait que peu dans les années 2000. Aujourd’hui les transmissions de sociétés se font deux fois plus souvent à des personnes externes qu’interne à l’entreprise. Les acheteurs sont parfois des concurrents, mais bien souvent ce sont des cadres externes à l’entreprise. Avec un revenu plus que convenable, ces derniers décident un jour de se lancer pour une ultime aventure avant leur retraite. Le challenge professionnel de leur vie.

  • Qui sont ces nouveaux repreneurs? Ce sont des quadragénaires ou quinquagénaires ayant fait la carrière dont ils rêvaient. Ils sont arrivés au plus haut de leur hiérarchie. Nommés à des postes de direction dans de grandes entreprises suisses ou multinationales. Et pourtant, une seule chose les taraude: si je montais ma propre affaire ou je reprenais une entreprise?

La Suisse a un vivier conjoncturel particulièrement favorable, bon nombre de baby-boomers arrivent aujourd’hui à l’âge de la retraite. Pour ceux qui rêvent d’une vie à leur compte, à leur rythme, selon leur choix voient les opportunités se multiplier. Mais ce choix de nouvelle vie ne se fait pas sans risque, ni sans sacrifices.

Deux solutions s’offrent à ces cadres: soit recommencer tout de zéro, ou reprendre une société. Les moyens financiers, ils les ont en général. Ils ont peut-être fait un héritage ou mis de côté de l’argent et décident de renoncer à un revenu confortable pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Dans un monde en pleine mutation où tout va très vite, trop vite, les quarantenaires se sentent souvent menacés et ont des doutes sur leur avenir professionnel. La période propice aux réflexions les pousse au changement de cap. Le lien qui unissait autrefois un employeur et son employé pour une vie, s’est désormais raccourcit à une décennie voire moins. Ainsi la reprise d’une entreprise peut en quelque sorte les rassurer, leur assurer un revenu à plus long terme.

  • Que recherchent-ils dans l’entrepreneuriat? Ces cadres peuvent rechercher un épanouissement tant professionnel que personnel. Une envie de construire, de faire partie du tissu helvétique des entrepreneurs. Parfois ils ont été confrontés à scandales financiers et souhaitent une vie plus linéaire. Ce choix de changement de cap n’est pas toujours voulu, ni calculé comme en témoigne Christophe Müller qui a repris ce printemps la direction de la PME Voyage Opéra à Vevey: «Mon changement de plan de carrière n’était pas du tout prévu. Lorsque M. Meyer, Président de PME Successions, est venu à moi avec une opportunité de rachat, je n’avais jamais songé un jour à quitter mon poste de cadre bancaire. Cela a été pour moi une évidence qu’en faisant le grand saut vers l’indépendance, je pourrai vivre de ma passion: l’opéra».
  • Travailler sans contraintes, ni horaires, en maîtrisant les risques: devenir patron de PME marque un changement de rythme important et peut bouleverser son équilibre personnel tout comme sa vie privée. Souvent sous-estimé au départ, il faut s’immerger et apprendre de nouvelles disciplines: administration, gestion, comptabilité, nouveaux programmes, solutions IT, etc. Sans négliger la qualité des services ou produits proposés aux clients.

«Le changement de rythme est je pense l’un des plus marquant. Tout accompagnant les clients lors de voyages sur le thème de l’opéra, je dois en parallèle répondre aux diverses demandes pour les voyages ultérieurs, m’occuper de la logistique personnalisée, des factures, etc. Mes journées sont occupées à 200% et ne laissent aucune place à d’autres occupations privées. C’est ma passion. Je travaille sans contrainte, ni horaires, mais je dois apprendre à savoir m’arrêter» commente Christophe Müller. «Ce changement de cap est aussi marqué par la prise de toutes les décisions seul. Il faut choisir les villes, les opéras, les logements, tout en évitant de se tromper pour ne pas avoir à essuyer des pertes d’invendus. Ce sont des risques d’entrepreneurs que je suis prêt à prendre. Je ne regrette à aucun moment mon nouveau choix de vie.»

*Administrateur-président PME-Successions.ch






 
 

AGEFI



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