Les routes sont à nouveau à l’ordre du jour

jeudi, 15.03.2018

Patrick Eperon*

Le 7 mars dernier, la Cour des comptes du canton de Vaud a publié un «Audit de la gestion de l’entretien constructif des routes cantonales et communales» qui devrait faire date. 

De fait, la cour des comptes vaudoise souligne la valeur du réseau routier cantonal et communal vaudois – évaluée à pas moins de 12 milliards de francs – avant de dénoncer l’important déficit d’investissement opéré durant les périodes de restrictions budgétaires (jusqu’en 2011). 

La cour poursuit en relevant que le réseau routier cantonal vaudois comprend une part non négligeable de routes jugées relativement dégradées et que leur état global est estimé moins bon que la moyenne suisse.

Le plébiscite de 2017

Une telle publication officielle permet de mesurer le chemin parcouru depuis les tristes années 1990-2000, marquées par l’hostilité doctrinaire de l’ancien Conseiller fédéral Leuenberger au trafic routier en général et aux routes en particulier.

Après le plébiscite de février 2017 en faveur du fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), fonds qui permet notamment de financer l’élargissement et l’extension du réseau autoroutier suisse, il est plus que temps de s’occuper des routes cantonales et communales. 

Cette tâche est d’autant plus nécessaire que notre pays compte près de 70.000 kilomètres de routes cantonales et communales, contre quelque 2000 kilomètres de routes nationales, qui absorbent il est vrai, à elles seules, plus de 40% du trafic routier.

Le manque d’entretien des doutes cantonales

Infra Suisse – qui regroupe les constructeurs d’infrastructures – avait tiré la sonnette d’alarme en publiant deux études relatives à l’état des routes cantonales en Suisse. Ces études sont crédibles, car basées sur des enquêtes auprès des services cantonaux responsables, des données de l’Office fédéral de la statistique et sur une norme de référence de l’Association suisse des professionnels de la route et des transports (VSS). 

La deuxième étude d’Infra Suisse, publiée il y a moins d’une année, soulignait ainsi que, si la part des routes cantonales dont la surface était mauvaise ou dans un état critique atteignait 13% au niveau suisse, cette part variait de 1% à pas moins de 38% selon les cantons...

Comme ces études ont été publiées en 2010 et 2017, personne ne peut donc prétendre de bonne foi que le problème du manque d’entretien des routes cantonales surgit comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu!

On saluera donc les recommandations de la cour des comptes du canton de Vaud en matière d’entretien des réseaux routiers cantonal et communal, notamment celle consistant à établir un budget plancher, à maintenir même en cas de situation financière difficile.

Une telle recommandation pourrait être mise en œuvre dans beaucoup de cantons, notamment romands, qui ne brillent pas pour la plupart dans le domaine de l’entretien de leur patrimoine routier! Par ailleurs, un budget plancher pourrait servir d’étape à la création de fonds d’infrastructures routières cantonales, sur le modèle de FORTA, dans le but de financer non seulement l’entretien, mais aussi l’élargissement, voire l’extension des réseaux routiers cantonaux.

Enfin, on ne saurait trop insister, comme le fait la cour vaudoise, sur la nécessité de disposer de géodonnées en matière d’infrastructures.

*Centre patronal






 
 

AGEFI




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