Voitures: Tesla, la nouvelle Trabant?

mardi, 13.03.2018

Nicolas Leuba*

Repensés, améliorés, plus efficients, les moteurs traditionnels n’ont pas dit leur dernier mot. 

A l’heure actuelle, les voitures électriques représentent une infime part du parc automobile suisse. En 2015 – derniers chiffres à disposition – leur taux de pénétration du marché était de seulement 0,2% (7531) des voitures de tourisme immatriculées dans le pays. On estime que ce chiffre devait atteindre environ de 10% en 2025.

Certains imaginent néanmoins la fin prochaine et rapide des moteurs traditionnels et rêvent d’un parc automobile 100% électrique. Les moteurs à essence connaîtront-ils le même sort que les locomotives à vapeur au début du XXe siècle? On pourrait croire vues les tendances actuelles. Les grands groupes automobiles mondiaux investissent en effet des dizaines de milliards de francs pour mettre en œuvre leur stratégie électrique et s’assurer un avenir face à Tesla, mais aussi Apple ou Google, qui se battent pour devenir des acteurs incontournables de ce marché. 

Pas la fin des moteurs à explosion

Le salon de l’automobile de Genève est d’ailleurs l’occasion, ces jours, de découvrir la première voiture électrique de Jaguar, ou encore le SUV électrique de Hyundai.

Démocratisée, accessible à toutes et à tous, populaire, la Tesla deviendra-t-elle la Trabant du XXIe siècle?

La fin des moteurs à explosion est-elle programmée à court terme? Rien n’est moins sûr. 

Techniquement, la question de l’impact sur la production d’électricité, mais aussi celle de la fourniture des batteries, viennent tempérer les enthousiasmes et relativise les avantages des véhicules 100% électriques. 

Ce d’autant que les moteurs traditionnels – repensés, améliorés, rendus davantage efficients – n’ont pas dit leur dernier mot. 

Et pourraient passer du statut de «has been» déclaré à celui de solution durable pour l’avenir.

Des recherches visant à réduire la consommation de carburant des moteurs à explosion de près de 50% sont en bonne voie. En parallèle, des ingénieurs et des start-up élaborent des véhicules dont le poids - qui est un des principaux facteurs de consommation - a été réduit à son maximum, grâce à un minimum de composants, tous recyclables. 

La situation actuelle pourrait ainsi à nouveau sensiblement changer, rendant le «tout électrique» moins intéressant, tout en renforçant l’intérêt que revêt des technologies hybrides et en ramenant les moteurs traditionnels sur le devant de la scène.

Les voitures électriques représentent l’avenir de l’automobile, c’est une certitude. 

Mais une partie seulement.

A côté du «tout électrique» les motorisations hybrides et les moteurs «traditionnels» repensés seront en effet des acteurs majeurs. 

Faisons confiance au marché pour déterminer quelles seront leurs parts de marché respectives.

*Président UPSA VAUD & VAUD ROUTES






 
 

AGEFI




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