Brésil: un voyage de mille lieues commence par un premier pas

mardi, 13.03.2018

Paulo Salazar*

Quel sacré parcours! Le paysage macroéconomique du Brésil a considérablement changé depuis la destitution de Dilma Rousseff il y a près de 2 ans. Le pays a réussi à surmonter la mauvaise gestion générale et les déséquilibres importants générés par des expérimentations politiques exotiques, tout en devant faire face, de façon simultanée, au plus grand scandale de corruption de son histoire.

Le gouvernement actuel n’est pas parfait, mais il a été capable de mettre en place une équipe économique de haut niveau et de faire adopter par le Congrès une série de mini-réformes, lesquelles ont replacé le géant d’Amérique latine sur l’écran radar des investisseurs. 

Le Brésil se situe actuellement à un point satisfaisant généralisé («sweet spot») du cycle économique et il fonctionne à l’intérieur d’un cadre de politiques orthodoxes et conventionnelles.

La confiance des consommateurs

La croissance a atteint un point culminant cette année, la dynamique du marché de l’emploi et la confiance des consommateurs ont augmenté alors que les taux d’intérêt se situent à des plus bas historiques, grâce à une inflation maîtrisée et à une devise bien ancrée.

Et pourtant, des progrès restent à accomplir afin de stabiliser la trajectoire de la dette, alors que la réforme extrêmement impopulaire du système des retraites actuellement en cours de discussion joue un rôle déterminant dans le processus. 

Des investisseurs complaisants

Le timing n’est pas idéal, car les politiciens court-termistes s’inquiètent de l’élection de cette année. Les investisseurs ont été complaisants, espérant que cette situation se résoudrait demain, si ce n’est aujourd’hui.

Chacun veut sa chance. La confirmation de la condamnation de Lula pour corruption et blanchiment d’argent a pratiquement éliminé un risque extrême pour les marchés. 

Dans un scénario où personne d’autre ne se distingue, même le Président Temer parie sur un prochain mandat, malgré un taux d’approbation timide de 5%. 

A l’exception du membre du Congrès Bolsonaro, les autres aspirants sont crédités d’intentions de vote se situant à l’intérieur d’une embarrassante fourchette à un chiffre dans des sondages discrédités. 

Un premier pas

Avec des scrutins attendus seulement en octobre, ce sera la course à la présidentielle la plus ouverte depuis des décennies!

La corruption chronique, un système politique défaillant, la violence, des services publics ainsi que des infrastructures dignes du tiers-monde, tous ces facteurs constituent des problématiques anciennes qui doivent être réglées. Cependant, chaque voyage commence par un premier pas et il semble que le pire ait été évité, le sentiment des investisseurs devenant plus positif. 

Malgré le beau parcours réalisé l’an passé, le Brésil a accusé un retard par rapport à ses pairs. Ainsi, il existe un potentiel de hausse sur des titres spécifiques, au regard de l’amélioration des fondamentaux.

*Equity Reasearch team Candriam






 
 

AGEFI




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