L’école peut-elle s’inspirer de l’entreprise?

jeudi, 08.03.2018

Céline Renaud*

«Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends.» Ce proverbe de Benjamin Franklin, célèbre écrivain, inventeur et père fondateur des Etats-Unis, fait évidemment référence à l’école. Il pourrait aussi bien s’appliquer au style de management. D’ailleurs, je rêve d’imbrique les deux, école et entreprise.

Or, dans le monde du travail, on demande aux jeunes gens d’être innovants, de donner le meilleur d’eux-mêmes, d’êtres sociables alors qu’ils viennent de sortir d’une école qui tarde à se réinventer et à innover. 

Même si nous avons la grande chance de pouvoir bénéficier d’un des meilleurs systèmes d’enseignement au monde, nous pouvons et nous devons légitimement interroger cette institution qu’est l’école.

En entreprise, nous collaborons avec des personnes de tout âge et de tous intérêts, dès lors pourquoi classer les enfants par âge? Est-ce plus facile pour eux ou pour l’administration? Pour leur enseigner? Et quel manque d’humilité que d’imaginer que nous enseignons à nos enfants alors qu’ils apprennent dès leur plus jeune âge les choses les plus importantes simplement en observant et en écoutant.

En outre, on leur demande d’avoir la moyenne et on leur donne des cours d’appui quand ils ne l’ont pas. C’est une punition supplémentaire que de les forcer sur une matière qu’ils aiment moins. Pour leur apprendre ... vraiment? Pourquoi ne pas célébrer leurs forces et leur permettre de mettre en avant ces forces et de faire ce qu’ils aiment?

A l’âge adulte, on leur demande d’être innovants alors que pendant toute leur scolarité, on aura tenté de les faire rentrer dans la boîte ...

La tâche qui attend nos décideurs de réinventer l’école est immense et l’équation difficile à résoudre. 

Et nous tous parents, enseignants, entrepreneurs sommes conscients qu’il est vital de trouver des solutions innovantes. Faut-il peut-être repenser la manière de concevoir l’enseignement, remettre d’abord les intérêts de l’enfant au cœur du débat comme on doit le faire au niveau du client dans l’entreprise car trop souvent, c’est la «structure administrative» qui prime.

Nous ne pouvons pas voir de quoi sera fait le futur, nous ne le vivrons peut-être même pas. Mais eux, nos enfants, oui. 

Je rêve qu’ensemble nous tentions de mettre en place une base d’un enseignement solide, joyeux, encourageant, créatif dans la continuité de ce que nous souhaitons ensuite en entreprise. Pourquoi ne pas imaginer de jeunes programmeurs de douze ans qui apprennent en même temps l’anglais? Heureusement, il y a déjà des écoles privées qui travaillent de cette manière en Suisse romande comme par exemple l’Ecole Germaine de Staël à Aubonne. 

Beaucoup l’ont compris et proposent un apprentissage par implication dans des projets. C’est ainsi que toutes les matières et notions sont acquises avec plus de responsabilisation des individus. J’en rêve... pour nos enfants. C’est vital qu’ils apprennent les rudiments très tôt pour pouvoir choisir un métier en pleine ère de digitalisation. Ainsi, comme le sous-entend Khalil Gibran dans son célèbre «Prophète», on pourra propulser les enfants plus loin...

*CEO et fondatrice JMC Lutherie






 
 

AGEFI




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