Assurance dentaire vaudoise: un signe positif pour l’économie

jeudi, 08.03.2018

Jean-Hugues Busslinger*

La votation du 4 mars dernier, qui a vu le peuple vaudois refuser à plus de 57% des voix l’inscription de l’assurance obligatoire des soins dentaires dans la constitution, ne constituait pas seulement un enjeu de santé publique; elle a des répercussions sur l’ensemble de l’économie.

Ce vote marque en effet indubitablement un coup d’arrêt face aux tenants du «toujours plus», de la prise en charge par autrui de couvertures sociales extensibles à l’infini ou de la mainmise de l’Etat sur des pans toujours plus amples de l’activité économique. 

Après de nombreuses années d’érosion progressive, une majorité nette – seules six communes ont approuvé le projet – a réaffirmé que la responsabilité individuelle ne devait pas être niée sans autre forme de procès. 

Ce sentiment a assurément été soutenu par la prise de conscience que cette volonté d’instituer la gratuité des soins signifiait avant tout que quelqu’un d’autre devait en assumer les coûts. Et que ce quelqu’un d’autre allait être en premier lieu ceux qui paient des impôts et qui travaillent.

Un nouveau prélèvement sur les salaires

Le monde du travail aurait été d’ailleurs touché à double titre. Sur le plan individuel, cela se serait traduit par un nouveau prélèvement sur les salaires, réduisant d’autant le pouvoir d’achat... 

A raison d’une ponction de l’ordre du demi-pourcent, on ne parle plus d’un café par mois. Moins directement intelligible, l’idée d’instaurer un financement paritaire, c’est-à-dire de prévoir une contribution des entreprises, aurait eu pour effet direct de renchérir le coût du travail dans les mêmes proportions. 

Plus de 100 millions de francs par année

Le montant en jeu était tout sauf négligeable, puisqu’il représente plus de 100 millions de francs par année. 

Par-delà le chiffre, déjà significatif, cela signifie que les entreprises vaudoises auraient dû, pour rester compétitives avec leurs voisines d’autres cantons et toutes choses restant égales par ailleurs, réaliser des gains de productivité de la même importance. 

Or, le coût du travail en Suisse, mais surtout dans le canton de Vaud, est déjà particulièrement élevé: on n’oubliera pas qu’en sus des contributions auxquelles sont soumises l’ensemble des entreprises du pays, sociétés et indépendants assument des prélèvements ciblés en faveur de l’accueil de jour des enfants, de la formation professionnelle et des prestations complémentaires en faveur des familles, tandis que les allocations familiales – payées intégralement par les patrons – seront à court terme parmi les plus généreuses du pays.

Des conséquences pour les entreprises

Augmenter progressivement mais continuellement les charges qui pèsent sur le travail est un processus délétère. 

Les entreprises qui, faute de marges suffisantes, ne seraient plus en état d’investir, d’innover et de jouer un rôle sur un marché toujours plus ouvert et concurrentiel, risquent fort de devoir se restructurer ou se réorienter, avec les conséquences sur l’emploi que cela suppose.

Le vote du 4 mars dernier constitue ainsi – bien au-delà de la couverture des soins dentaires – un signal positif pour l’ensemble du tissu économique vaudois.


*Centre Patronal






 
 

AGEFI




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