Villes intelligentes: smart data for smart city

mercredi, 07.03.2018

Xavier Comtesse**

Une ville intelligente est une ville qui utilise au mieux les capacités des nouvelles technologies de l’informatique, des communications et de l’Internet des objets pour améliorer sa qualité de vie. 

Généralement, on considère six axes de développement pour mesurer l’émergence d’une ville dans la catégorie dite des villes intelligentes: la mobilité, l’énergie, l’environnement, l’économie, l’habitat et la gouvernance. De fait, il n’y a encore que très peu de villes ayant réellement développé une panoplie importante de composantes «smart». Des expériences de cités intelligentes dans le monde construites dans ce but existent, comme Masdar dans le désert d’Abou Dabi, Songodo en Corée du Sud ou Wuxi près de Shanghai en Chine.

 Ces villes sont bâties avec l’idée d’être parmi les premières villes totalement «smart». Dans celles-ci, l’accent a été mis en général sur la gestion intelligente de l’énergie, de l’environnement, de l’habitat et de la mobilité; ni la démocratie, ni la gouvernance, ni l’économie n’ont réellement été prises en compte pour l’instant.

Aujourd’hui, il est donc difficile d’y voir clair car plus de 10.000 villes dans le monde se réclament de ce concept et les réalisations tardent cependant encore à venir. 

Une manière différente d’aborder la question serait de regarder comment ces villes ont déployé leurs stratégies de Big Data. Pour les transports, l’enjeu est de faciliter la mobilité en offrant un indicateur de fluidité (virtuel ou réel) par la diffusion d’informations en temps réel de la circulation (ou des parkings à disposition) ou encore la proposition de parcours alternatifs. 

Les ressources énergétiques d’une ville est un autre facteur crucial. Que ce soit au niveau du Smart Grid permettant un équilibrage fin entre producteurs et consommateurs, de l’introduction des nouvelles énergies renouvelables ou encore pour diminuer la consommation et l’impact sur l’environnement, la gestion intelligente de l’énergie est clé. 

L’éclairage approprié enclenché automatiquement par capteurs la nuit au passage des piétons ou le chauffage à distance utilisant par exemple, des sources de chaleur comme des centrales urbaines d’incinération, des pompes à chaleur ou encore la géothermie sont des exemples à suivre.

L’environnement et l’habitat vont souvent de pair car il s’agit de voir comment le bâti s’insère dans son environnement. Peu de villes sont capables de développer un tel plan car le bâti est souvent l’affaire des privés et les infrastructures de la ville, celles des autorités publiques. Bien sûr, il existe des plans d’aménagement mais ceux-ci ne donnent aujourd’hui, aucune directive quant aux objets connectés. Mesurer le bruit, la pollution de l’air, l’ensoleillement, la circulation, l’éclairage, la distribution de l’énergie, etc. n’est pas encore une pratique systématique des administrations. Mais rappelons-le, sans données, c’est-à-dire sans capteurs, il n’y a pas de ville «intelligente».

C’est donc une toute nouvelle vision de la planification urbaine qui émerge avec les villes «intelligentes». Faites de données intelligentes, de l’Internet des objets et de valeurs ajoutées citoyennes, ces villes devront revoir leurs pratiques de fond en comble comme Genève vient de le réaliser dans son document de vision stratégique de la géo-information.

* Smart Data for Smart City. Publication SITG 2018

**Mathématicien et digital shaper 






 
 

AGEFI




...