Small & Mid caps suisses: la surperformance continue

mercredi, 07.03.2018

Florence Chernyak-Bosson*

Depuis la fin de l’année 2012, les petites capitalisations suisses ont surperformé de près de 80% les grandes capitalisations, gagnant en moyenne 11% de plus chaque année. 

Portées par le rallye des marchés actions au cours des quinze derniers mois, les petites et moyennes capitalisations suisses ont également bénéficié de la reprise du cycle conjoncturel mondial. Plus fortement exposé au marché européen, particulièrement dynamique en 2017, le segment a profité d’une hausse de la demande couplée à un regain de compétitivité en termes de prix, dans le sillage de l’appréciation de l’euro. 

Plus récemment, pendant la correction du mois de février, les petites et moyennes capitalisations ont aussi mieux résisté que les grandes capitalisations.

Avantage structurel

Les petites et moyennes capitalisations profitent toujours d’un avantage structurel par rapport aux grandes capitalisations. Nombre d’entre elles sont des pionnières et des leaders dans des domaines très spécifiques, ce qui les rend moins sensibles aux vents contraires de court terme. 

Leur taille leur confère aussi une plus grande réactivité face aux évolutions du contexte économique. Elles ont su le démontrer en réduisant leurs coûts pour protéger leur rentabilité après l’abandon du taux plancher, ou encore, dans l’industrie, en adaptant leurs modèles d’entreprise face à la concurrence et en se concentrant sur de nouveaux marchés de niche.

Perspectives pour 2018

Le cycle conjoncturel mondial restera un facteur de soutien important en 2018. L’exposition des petites et moyennes capitalisations aux zones dynamiques que sont les marchés émergents et l’Europe continuera de soutenir la croissance des chiffres d’affaires en 2018. 

En fin de cycle de croissance, l’activité de fusions-acquisitions a aussi tendance à s’intensifier, et les petites sociétés pourraient devenir les cibles de plus grands groupes à la recherche de croissance. 

Le secteur industriel bénéficiera de la hausse des dépenses d’investissement et des mesures de restructuration. Les fabricants de pièces détachées ou de composants électroniques pourraient notamment encore nous surprendre cette année. Les financières devraient quant à elles surtout bénéficier de la reprise de l’activité de prêts et de gestion. La hausse des revenus d’intérêt sera limitée puisque les taux d’intérêts devraient rester bas.

Les investisseurs devront toutefois se montrer plus sélectifs en 2018, après la hausse des valorisations des petites et moyennes capitalisations. Le ratio cours/bénéfices de l’indice SPI Extra (qui suit la performance des actions ne figurant pas dans l’indice SMI) a atteint de nouveaux points hauts à près de 23 fois les bénéfices estimés pour 2018. 

Le même indicateur pour l’indice SPI, qui représente l’ensemble du marché, s’élève à environ 16.6 fois. Bien que les petites et moyennes capitalisations affichent une prime historique par rapport aux grandes capitalisations, l’écart de valorisation s’est récemment renforcé, rendant le segment dans son ensemble moins attractif. 

La sélection de titres «bottom-up», dans des secteurs bien positionnés, sera d’autant plus déterminante cette année.

*Equity Analyst Indosuez Wealth Management






 
 

AGEFI




...