La vallée de la haute horlogerie et du bois de résonance

jeudi, 15.02.2018

Céline Renaud*

Il n’y a pas beaucoup de régions au monde où il y a plus de places de travail que d’habitants. C’est toutefois le cas à la Vallée de Joux, car avec ses 6000 habitants, la population double presque en journée avec des personnes qui viennent spécialement y travailler. Et cela non seulement dans les entreprises de haute horlogerie mais également dans les PME et commerces basés dans cette région économique très importante pour le canton de Vaud et pour la Suisse.

La Suisse est connue mondialement pour l’horlogerie et elle s’est concentrée dans trois régions principales dont Genève, le canton de Neuchâtel et environs ainsi que la Vallée de Joux qui est connue plus spécifiquement pour l’horlogerie à complication ainsi que pour ses hivers rudes et longs. 

Avec les années, les manufactures ont déposé un nombre impressionnant de brevets au regard de la quantité d’habitants de cet endroit. L’humain doit être inventif pour pouvoir survivre dans cet endroit des plus froids de Suisse et situé à plus de 1000 m d’altitude. 

Des événements liés à la survie

Les questions de dureté de vie et autres difficultés forcent l’humain à se dépasser. Même si la nature y est splendide, le sol est très aride et on dit qu’il n’y pousse que des pierres... et des sapins! Avec la chance d’être située si proche de marchés internationaux comme Genève. Ce microcosme particulier est unique au monde. On peut ainsi comparer cette vallée un peu à la Silicon Valley avec plus de 200 ans de tradition et d’innovation.

Et oui, même pour nos ancêtres, la survie était importante. L’histoire de cette vallée passe par une succession d’événements tous liés à la survie. Même à cette époque-là, nous avions de grands entrepreneurs à la Vallée de Joux qui sont «descendus» vendre leurs créations à la Genève internationale et à Paris. 

Des fondations très actives y sont aussi établies et qui héritent encore de succès vieux de plus de 150 ans.

Pour illustrer cette survie, il y a eu aussi les scieurs de glace. Le Lac Brenet est devenu fournisseur d’une glace magnifique et grâce à cette activité nous avons eu la chance d’avoir le train qui est venu jusqu’au village du Pont. La glace était ensuite exportée jusqu’à Paris. Emballée dans de la sciure ou de la paille, ils étaient payés au volume d’arrivée évidemment.

JMC Lutherie est justement issue de cette tradition: même si notre entreprise est âgée que d’une petite quinzaine d’années, nous utilisons la matière première issue sur place de 350 ans d’âge combinée à des technologies de pointe.

D’ailleurs, avec le temps, nous sommes devenus partenaires de toutes ces marques horlogères pour leur fournir des supports de résonance pour montres à sonnerie et particulièrement pour les montres à répétition minute, qui sont les montres les plus compliquées. Ces montres ont été inventées avant l’électricité pour nous donner en sonnant l’heure la nuit et ceci sur demande. 

Nous sublimons le son de ces chefs-d’œuvre avec des techniques de lutherie ancestrales combinées à la technologie actuelle. C’est un peu la Watch & Wood Valley. Précisément si l’industrie horlogère à la Vallée de Joux est vieille de plus de 200 ans, les épicéas de résonance que nous avons le bonheur d’utiliser, étaient déjà là à affronter les vents et la neige.

*CEO et fondatrice JMC Lutherie 






 
 

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