Intelligence économique: un autre regard sur le monde

mardi, 13.02.2018

Thierry Blanc*

Aujourd’hui, dans un monde concurrentiel, une entreprise ne peut plus se contenter d’être la meilleure techniquement, industriellement ou commercialement, il faut aussi qu’elle soit la mieux informée. C’est l’objectif de l’intelligence économique.

Faire de la veille, c’est anticiper les changements, être à l’affût de ce qui se passe dans son secteur, mais également dans d’autres. Il faut se donner les moyens d’avoir un supplément d’information par rapport aux autres pour mieux anticiper et se défendre. 

La stratégie doit reposer sur la capacité à accéder à l’information. Certains pays l’ont bien compris: la Grande Bretagne a mis en place non seulement de la BI (Business Intelligence) pour identifier les besoins, mais aussi du MI (Management Information) pour pouvoir mesurer la performance d’une entreprise. En Suède et au Japon, il existe une coordination entre secteur privé et public. 

Trouver l’information fiable et vérifiée

Ces pays ont bien compris que la compétitivité des entreprises reposait maintenant sur des facteurs immatériels.

Mais il faut bien admettre que la complexité d’aujourd’hui réside dans le fait de trouver la bonne information, une information vérifiée et fiable.

Le travail des médias traditionnels a été considérablement fragilisé par l’effondrement de leur modèle économique et l’avènement des réseaux sociaux, devenus premiers vecteurs de circulation de l’information, vérifiée ou non. La parole vérifiée et la rumeur infondée sont renvoyées dos à dos, comme si, à l’heure d’internet tout se valait. Ce n’est pas le fruit du hasard. 

La propagande est un des nouveaux outils: Prenons par exemple les robots qui manipulent l’information diffusée sur twitter afin d’augmenter la popularité de candidats politiques ou fournissent des informations erronées afin d’influencer l’opinion publique. La meilleure réponse à apporter face à un torrent de fausses informations ne consiste pas à démonter chaque mensonge, mais plutôt à avertir et immuniser les esprits contre de telles démarches.

Concernant les entreprises, le constat n’est pas forcément négatif car, il est rare qu’elles ne fassent pas de veille: veille technologique, concurrentielle, stratégique, commerciale, règlementaire, marketing, image...

Ce sont certes des actions isolées mises en place au fur et à mesure des besoins. Il faut donc structurer ces idées, définir des objectifs,  mettre en place une organisation adéquate, concevoir des outils et surtout suivre cette activité. Il ne faut pas que ce soit un amoncellement de données inutilisées.

La mise en place d’une veille peut sembler laborieuse. Pourtant, il ne fait pas de doute que c’est un outil efficace, qui se révèle être un atout dans l’anticipation des risques. Il faut donc y consacrer du temps. La vitesse de réaction permise par la veille est un avantage indéniable et proactif face à la multitude de risques auxquels l’entreprise peut être confrontée.

L’intelligence économique n’est plus seulement un art d’observation mais une pratique offensive et défensive de l’information. Il est donc impératif que les entreprises positionnent l’information au cœur de leur stratégie.

*Directeur de la gouvernance Dfi






 
 

AGEFI



...