Commerce de détail: l’heure du réveil a sonné

jeudi, 08.02.2018

Jimmy Dupuis*

L’année 2018 verra le groupe Amazon s’implanter en Suisse. Indubitablement, l’arrivée du géant américain représente un défi supplémentaire pour les acteurs du commerce de détail. Pour survivre, ces derniers doivent innover tout en insistant sur la proximité avec le client. Une prise de conscience politique est aussi nécessaire afin d’assouplir à terme les conditions-cadres pour offrir aux détaillants la possibilité de se réinventer. 

L’annonce de l’arrivée imminente d’Amazon en Suisse a fait l’effet d’une bombe dans le secteur de la vente de détail. Il est vrai que le chiffre d’affaires de l’emblématique membre du GAFAM a de quoi donner le vertige, puisqu’il avoisine le PIB d’un Etat comme la Hongrie. Du point de vue pratique, Amazon propose un choix extrêmement étendu de produits et des livraisons très rapides. Ce sont ainsi plusieurs centaines de millions d’articles qui peuvent potentiellement être livrés dans un délai de 24 heures. Il paraît difficile de rivaliser, d’autant plus qu’Amazon s’est constituée une impressionnante base de données qui lui permet d’assurer à sa clientèle des recommandations d’achats personnalisées.  

Cela étant, il convient de ne pas noircir outre mesure le tableau. L’arrivée d’Amazon est surtout une mauvaise nouvelle pour la branche de l’e-commerce helvétique. Pour le surplus, les analyses ne permettent pas d’annoncer que la part du commerce électronique va exploser. En effet, même si le commerce en ligne attire toujours plus de consommateurs, la part des ventes en ligne dans le total du commerce de détail suisse est actuellement d’environ 7%. 

Marge de manoeuvre

Selon les prévisions, ce chiffre pourrait atteindre à moyen terme les 10%, ce qui laisse au commerce de détail une certaine marge de manœuvre. Par ailleurs, le chiffre d’affaires généré par les détaillants devrait connaître une légère hausse. Il s’agit enfin d’insister sur le fait que l’indice général du climat de consommation est en progression constante, ce qui indique que les ménages sont optimistes, contrairement à de trop nombreux commerçants. 

Au vu de ce qui précède, les acteurs du commerce de détail ont tout intérêt à se montrer attractifs en replaçant le client au centre de leurs préoccupations. En somme, il s’agit d’appliquer l’adage selon lequel le client est roi, en travaillant sur plusieurs éléments. Tout d’abord, il est indispensable de donner au consommateur l’envie de se déplacer et de prendre du temps pour faire ses courses. L’acte d’achat doit être un événement. Ensuite, le commerce de détail gagnerait à apprendre à se mettre en valeur, notamment sur les réseaux sociaux. 

Les commerçants doivent enfin sensibiliser le pouvoir politique à leur cause. Une flexibilisation des horaires d’ouverture permettrait par exemple à de nombreux commerces de répondre aux attentes de la clientèle. Certes, la tâche paraît ardue, mais il existe une recette pour mutualiser les efforts: l’utilisation de la liberté associative. Face aux difficultés conjoncturelles, l’association est peut-être la voie du salut.

*Centre patronal






 
 

AGEFI


 

 



...