Les élections de novembre 2018 vont dicter l’agenda à long terme

mercredi, 07.02.2018

Marie Owens Thomsen*

Marie Owens-Thomsen.

Les élections américaines en novembre 2018 sont des élections de mi-mandat, à mi-parcours du mandat présidentiel de quatre ans. Elles attirent moins d’attention que les élections présidentielles: en moyenne, les élections de mi-mandat ont un taux de participation inférieur de 17 points de pourcentage à la participation aux présidentielles. Etant donné que la participation à la présidentielle en 2016 était de 59.3%, on peut s’attendre à une participation de quelque 42% en novembre 2018. 

Pourtant, les élections de cette année peuvent avoir des conséquences durables pour la société et pour l’économie américaine. Si les démocrates captent la majorité d’une des chambres au Congrès, la capacité de l’administration actuelle à légiférer sera radicalement diminuée et le risque de mise en accusation et destitution du président sera bien plus élevé. Une majorité démocrate au sénat rendrait la confirmation des nominations républicaines moins probable, notamment à la Cour suprême. 

Dans 34 Etats, les gouverneurs qui seront élus en 2018 vont encore être en place en 2021 et auront un droit de veto sur la définition des circonscriptions électorales qui suivra le recensement en 2020. Le parti républicain contrôle 33 des 50 postes de gouverneur des Etat-Unis aujourd’hui, ainsi que quelque 66 des 99 parlements aux niveaux des Etats. Les élections de novembre 2018 vont donc déterminer l’agenda politique non seulement pour les quelques années à venir, mais bien au-delà du mandat du Président Trump. 

Rééquilibrage des sièges

Les démocrates peuvent trouver du réconfort dans le fait que depuis la Guerre de Sécession, le parti du Président perd en moyenne 32 sièges dans la Chambre des représentants et 2 au Sénat lors des élections de mi-mandat. Pour obtenir la majorité dans la chambre basse en 2018, les démocrates ont besoin de gagner 24 sièges supplémentaires, et au Sénat il leur faut 2 sièges de plus. Mais pour ce faire, il faudrait a priori capter 53-58% du vote national, tandis qu’un sondage publié par Real Clear Politics suggère que les démocrates ont actuellement un support de 46,5%, contre 38,6% pour les républicains. 

En bruit de fond nous avons la question démographique. La part de l’électorat blanc et non-hispanique a diminué de 80% en 1980 à 66% en 2015, et  tombera probablement à 44% d’ici 2060. Les jeunes dominent déjà la population ayant le droit de vote à 54%. La classe ouvrière a diminué de 73% des votants potentiels en 1974 à 46% actuellement. On peut alors analyser l’atmosphère politique comme une expression de la transition démographique du pays: d’une population relativement homogène à une démographie de plus en plus diverse dans toutes ses strates. 

Taux de participation

Cette transition est visiblement assez douloureuse et ce qu’elle produira comme résultat politique dans le futur est encore peu perceptible. Il demeure vrai, pourtant, que pour se faire entendre, il faut aller voter. Les Américains ont un taux de participation aux élections de toute sortes qui n’est que de 55,7% (la 5e plus faible de 18 pays analysés par Pew Research Center), tandis qu’en pour-cent des votants enregistrés, le taux est de 86,6% et le 4e plus élevé dans le même échantillon. L’enjeu politique aux Etats-Unis est de motiver la population de s’inscrire pour voter.

*Indosuez Wealth Management






 
 
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