Perspectives quinquennales: une croissance soutenue attendue

vendredi, 05.01.2018

Andrea Astone*

 

Trois scénarios devraient dominer l’économie et les marchés mondiaux au cours des cinq prochaines années (2018-2023), dont le scénario central est «La stabilité se confirme.»

 

  • Scénario 1: la stabilité se confirme

 

Selon ce scénario, l’économie mondiale devrait continuer de croître à un rythme soutenu et à un taux d’inflation modéré. Le retrait progressif des politiques monétaires accommodantes, sous la forme d’une hausse des taux d’intérêt et d’un assouplissement quantitatif réduit, devrait être tempéré par des pressions inflationnistes modérées et des marchés flexibles, réduisant ces vents contraires à une brise légère plutôt qu’à une rafale disruptive. Condition préalable: l’Europe doit dépasser les États-Unis et mener le monde sur le plan de la croissance. Avec une économie mondiale demeurant en bonne santé et des marges bénéficiaires saines maintenues, les actifs à risque devraient bien se comporter dans ce scénario. Le resserrement progressif des banques centrales fait l’effet d’un vent contraire, quoique modéré, qui limitera les rendements globaux. Les obligations d’État devraient sous-performer et, avec des écarts de rendement susceptibles de s’élargir, les obligations corporate pourraient se trouver dans une situation encore moins favorable. (Probabilité 60%)

 

  • Scénario 2: les décideurs politiques réduisent leur stimulus

 

En 2018, le risque d’un scénario baissier s’est accru en raison des préoccupations suscitées par les erreurs de politique monétaire. Ce deuxième scénario suggère que la menace d’une récession mondiale est réelle. Cette situation s’explique par deux raisons: la politique monétaire passée a peut-être surstimulé les marchés; par conséquent, cela pourrait alimenter l’inflation et, en coïncidant avec la réduction progressive de l’assouplissement monétaire, en exagérer l’impact. Résultat: les États-Unis plongeraient en premier dans une récession, suivie du reste du monde. D’un autre côté, les banques centrales pourraient se montrer plus empressées et adopter un rythme de resserrement trop rapide. Ce qui entraînerait un ralentissement économique, une compression des bénéfices des entreprises et une récession mondiale.

Ce scénario de récession aurait pour conséquence une correction importante des marchés boursiers et un rebond des obligations. Les obligations d’État pourraient être vendues au début de ce scénario, à mesure que l’inflation et les taux d’intérêt grimperont, pour faire l’objet d’un rallye ensuite lorsque les actions sous-performeront, déclenchant une récession. (Probabilité 30%)

 

  • Scénario 3: un monde parfait

 

Ce troisième scénario suggère que les banques centrales réussissent à ramener les économies au plein emploi sans heurts et sans faire grimper l’inflation. Il implique également que les bilans et les taux d’intérêt des banques centrales soient normalisés de manière harmonieuse, ce qui garantit un comportement cohérent des marchés et des investisseurs. Dans ce «monde parfait», les actifs à risque affichent une forte performance, les obligations ne subissent qu’une pression limitée et la volatilité reste faible. (Probabilité 10%).

 

*Directeur BMO Global Asset Management



 
 
 
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