Ce sont toujours les mêmes qui passent à la caisse!

vendredi, 05.01.2018

Claudine Amstein*

L’initiative vaudoise concernant le remboursement des soins dentaires sera soumise au peuple le 4 mars 2018. Le Grand Conseil a enterré le contre-projet, alors que la majorité du Conseil d’Etat a donné sa préférence à l’initiative.

Les Vaudois voteront le 4 mars prochain sur l’initiative de l’extrême gauche instaurant une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base, sans contre-projet. Ainsi en a décidé le Grand Conseil, au terme d’un débat électrique. Les coûts annuels de cette étatisation sanitaire, estimés à quelque 300 millions de francs lors du dépôt de ce texte, en 2014, avoisinent aujourd’hui les 400 millions.

Cette initiative prévoit un financement à travers un prélèvement similaire à celui de l’AVS, payé à parts égales par les employés et les employeurs. On évoque une ponction paritaire entre 0,6 et 0,7%. 

Un gouffre financier

Les indépendants, ainsi que toutes les personnes cotisant à l’AVS qui ne sont pas actives, mais qui paient une cotisation calculée sur le montant de leur fortune, passeront eux aussi à la caisse. Quant à ceux qui ne cotisent pas à l’assurance-vieillesse, leurs soins dentaires seront pris en charge par la politique sanitaire du canton. C’est-à-dire par les impôts. 

L’extrême gauche propose donc d’offrir le dentiste à tous les habitants du canton en faisant régler la note par la moitié d’entre eux. C’est inadmissible!

Il ne fait pas de doute que cette initiative doit être rejetée. Tout d’abord, les hausses récurrentes des primes l’assurance-maladie obligatoire montrent qu’un système de soins étatisé n’est guère maîtrisable. La LAMal a hélas apporté la preuve que la bureaucratie lourde découlant d’une telle assurance conduit à une augmentation sans fin des coûts et, in fine, à un gouffre financier. 

On peut donc redouter que le phénomène se reproduise avec le modèle prescrit par l’extrême gauche. Dans d’autres pays européens comme la France, l’Allemagne et l’Angleterre, des systèmes d’assurance obligatoire ont été mis en œuvre. Or, il faut bien admettre que la santé bucco-dentaire y est plutôt mauvaise et que les coûts à la charge de la collectivité y sont élevés. 

Gardons-nous d’imiter des expériences aussi peu convaincantes. Plutôt que de mettre en place une structure coûteuse et inefficace, il est préférable d’agir, lorsque cela s’avère nécessaire, de manière ciblée par le biais des aides sociales existantes.

La prévention dès les années 1960

Par ailleurs, force est de constater que le système suisse de soins dentaires, basé sur la prophylaxie et la responsabilité individuelle, a fait ses preuves depuis des décennies. Les mesures de prévention mises en œuvre dans notre pays, dès les années 1960, ont contribué à faire chuter le nombre de caries chez les jeunes. 

Il apparaît en outre que huit enfants vaudois sur dix sont assurés auprès d’une caisse pour les soins dentaires (y. c. l’orthodontie), par le biais de complémentaires ou d’assurances dentaires globales.

Enfin, il est patent que le financement de ce système par les employés et les employeurs fragiliserait encore un peu plus l’économie de notre canton. La compétitivité de nos entreprises passe, notamment, par le maintien de charges sociales supportables.

*Directrice CVCI






 
 

AGEFI


 

 



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