Quelques rappels économiques à l’heure des bonnes résolutions

jeudi, 04.01.2018

Jean-Hugues Busslinger*

En cette période de vœux et pour aborder les questions économiques, il convient d’avoir à l’esprit quelques principes. Ainsi, on peut rappeler que le profit est indispensable, que le travail n’est pas une quantité finie et que les conditions cadres doivent en permanence être soignées.

Les réseaux sociaux et les boîtes de courriels apportent à chacun une brassée de bons vœux... que peut-on souhaiter à notre économie? 

On pourrait commencer par réhabiliter le terme et la notion de profit. Sauf à vouloir jouer à Philibert (celui chez qui plus l’on vend, plus l’on perd), toute entreprise doit réaliser du profit, sous peine d’entamer la spirale négative des restructurations, des pertes d’emplois, voire de la cessation d’activité. 

Faute de profit, la machine se grippe

Quoi que puissent en penser les forces de gauche, hostiles au profit, ce n’est que lorsqu’elle peut compter sur des entreprises solides, qui réalisent du bénéfice et savent en permanence adapter leurs structures et leur production aux marchés, qu’une économie est à même de générer des emplois, d’investir dans la recherche et le développement et, en définitive, d’alimenter l’Etat et son administration par les impôts qu’elle paie et, indirectement, par les impôts que paient les collaborateurs auxquels elle verse des salaires. Faute de profit, c’est toute la machine que se grippe.

La deuxième notion qu’on aura à l’esprit est que le travail n’est pas une quantité finie, un gâteau qu’il suffirait de répartir entre tous ceux qui souhaitent travailler. 

La recherche d’avantages concurrentiels

Bien au contraire, le travail génère le travail, l’activité suscite d’autres activités. Les difficultés rencontrées par notre voisin suite à l’adoption du régime des trente-cinq heures illustrent le propos tandis que les jeunes représentants suisses de partis de gauche qui veulent imposer un seuil nettement encore plus bas font à l’évidence fausse route. 

La troisième notion est l’importance de veiller, en permanence, au maintien de conditions-cadres permettant aux entreprises de faire du profit et de maintenir, voire de développer l’emploi. 

Cela passe aussi par la recherche d’avantages concurrentiels par rapport aux autres économies des pays voisins ou plus lointains. 

Dans un monde toujours plus interconnecté, un haut niveau de formation – qu’il soit obtenu lors de la formation initiale ou par la formation continue – une qualification élevée des collaborateurs, des barrières douanières ou des obstacles administratifs réduits ainsi que des conditions fiscales avantageuses sont autant d’atouts qu’il convient de développer, sinon de conserver. 

La Suisse a de nombreuses cartes à jouer, mais son coût du travail élevé est susceptible de la pénaliser. On sera dès lors bien inspiré de s’abstenir de considérer les entreprises comme devant pourvoir sans limite à toutes sortes de besoins ou à l’appétit de la machine étatique, en accumulant les contributions diverses ou en instaurant de nouveaux prélèvements sur les salaires, tels qu’une initiative visant à la mise en place d’une assurance dentaire vaudoise le demande.

*Centre patronal






 
 

AGEFI


 

 



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