De quel marché boursier parle-t-on?

mercredi, 03.01.2018

Christian Pire, www.socioecopofi.com

À l’heure où l’on peut lire quantité d’articles sur les marchés boursiers surcotés, je pense qu’il est plus qu’opportun de rappeler qu’il n’y a pas un, mais trois marchés boursiers bien distincts: le Marché boursier de la crédibilité financière (MBCF), le Marché boursier de l’extrapolation comptable (MBEC) et le Marché boursier technique et statistique (MBTS):

l Marché boursier de la crédibilité financière (MBCF): ici, l’on s’échange des volumes de titres à un prix déterminé entre un acheteur et un vendeur. Si l’échange ne se fait pas, hormis le maintien en portefeuille, seule une baisse du prix pourra débloquer la situation. La simplicité et la réalité du prix réalisable ou non-réalisable au service de la crédibilité financière.

Aucune réalité financière

l Marché boursier de l’extrapolation comptable (MBEC): là, point d’obligation de réalisation financière. Juste une extrapolation comptable du cours financier des transactions réalisées à la fermeture des marchés en référence de valorisation pour tous les titres en portefeuille. Ironie de l’histoire, car la seule indication d’un cours de fermeture est qu’il ne pouvait qu’évoluer à la baisse faute d’autres acheteurs à ce cours le jour de cotation.

Le marché boursier de l’extrapolation comptable n’a aucune réalité financière car il n’a pas à en avoir. Son objet est d’être le support des spéculations mathématiques débridées.

Des bases erronées pour les Etats

Malheureusement, c’est cette absence volontaire de crédibilité financière du marché boursier de l’extrapolation comptable qui est la base principale de la fiction des variations quotidiennes des «performances» des fonds de placement, des variations des indices, etc.

Ce marché est la cause et l’outil principal de la mise sous tutelle financière des États lors des krachs boursiers répétitifs qu’il crée.

l Marché boursier de l’extrapolation technique (MBET): sur base du marché boursier de l’extrapolation comptable, nous sommes dans un composé d’extrapolations mathématiques et statistiques devenues non maîtrisables et systémiques avec les multiples effets de levier et stratégies imbriquant les différentes hypothèses dont l’ensemble ne fait l’objet d’aucune régulation nationale ou internationale.

Étonnement, malgré les enseignements et les dégâts des crises systémiques répétitives, l’impérative distinction professionnelle entre ces différents marchés dits «boursiers» n’est toujours pas à l’ordre du jour. Et lorsque l’on sait que les Etats prennent quotidiennement nombre de décisions sociologiques, économiques, politiques et financières sur ces bases erronées...

Bonne nouvelle, il existe une solution.

Cette solution est l’utilisation avec sagesse du panel des normes comptables mark-to-comparaison et mark-to-model qui restent étonnamment inutilisées.

Et si les fonds de placement ISR, ESG, IRD ouvraient la voie des fonds Humanity Invest avec la mise en pratique des possibilités offertes par la sagesse comptable via l’Information humainement responsable (IHR)?






 
 

AGEFI


 

 



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