Révolution digitale: le défi de l’employabilité

lundi, 27.11.2017

Jean-Marc Tassetto*

Jean-Marc Tassetto. Co-fondateur Coorpacademy.

Le Conseil fédéral vient d’annoncer son ambition numérique pour le pays. Digitalswitzerland, l’association qui veut faire de la Suisse un hub digital en Europe, vient de se lancer en Suisse romande, deux ans après sa naissance à Zurich. Le cadre de la transformation numérique est posé, l’impulsion est donnée.

Du côté des entreprises, les signes d’une accélération sont également présents. Ce constat a été corroboré par le cabinet EY, dans une enquête menée en début d’année auprès de 700 entreprises suisses. 60% d’entre elles disent miser sur le numérique (45% une année auparavant). Avec un bémol: 70% des entreprises les moins performantes accordent peu d’importance au numérique. Or, cette vague digitale, qui sous-tend la 4e révolution industrielle, nous le savons, modifiera en profondeur le marché du travail. Tous les acteurs économiques et, la société dans son ensemble, doivent donc être impliqués, afin de créer les conditions écosystémiques nécessaires pour que le pays tout entier réussisse son pari digital.

Annoncée par le WEF, cette révolution industrielle sera une révolution du partage de la connaissance. Créer une société apprenante est donc une question vitale à l’aube d’une ère où les métiers, les compétences vont se transformer de plus en plus vite. L’étude Future of Jobs du WEF prédit par exemple la disparation de 5 millions d’emplois d’ici à 2020 dans les pays de l’OCDE. Si des métiers vont disparaître, d’autres vont se transformer et de nouveaux vont apparaître. Un rapport SAP estime que plus de 60% des emplois de 2030 n’existent pas encore.

Chaque individu, chaque actif doit donc se préparer à ce nouveau paradigme de l’employabilité: chacun devient responsable de son parcours de formation, et ce challenge concerne toutes les générations. Il va falloir identifier et acquérir des compétences nouvelles, et cela au rythme des futures vagues technologiques, c’est-à-dire à une vitesse de plus en plus rapide. Les compétences dites douces – «soft skills» – comme notre maîtrise des enjeux du numérique, notre capacité à travailler en mode collaboratif, notre quotient émotionnel ou encore notre créativité, vont prendre une importance considérable.

Elles sont plus transversales, plus pérennes que les «hard skills», comme l’expertise technique.

De nouvelles façons d’apprendre se développent, comme les Moocs, les «Massive Open Online Courses», pour lesquels la Suisse est en pointe.

Les Moocs de l’EPFL vont très certainement passer la barre des 2 millions d’inscrits d’ici la fin de l’année.

Chez Coorpacademy, née sur le campus de l’EPFL et référencée comme un acteur majeur de la transformation de la formation par CB Insights, cabinet d’études américain, nous formons déjà 500.000 apprenants dont 40% à l’international, dans plus de 17 langues.

Dans ce contexte, si les salariés sont responsables de leur employabilité, les entreprises ont aussi leur responsabilité, celle d’identifier, de référencer et de déployer des nouvelles plateformes de formation digitales permettant aux collaborateurs de développer des compétences non-substituables à l’intelligence artificielle. Ces solutions existent, sont accessibles financièrement. Il faut les déployer massivement et surtout... rapidement!

*Co-fondateur Coorpacademy


 

 
 

 
 
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