Le pouvoir étonnant des banques centrales sur la Bourse

vendredi, 24.11.2017

Cédric Spahr, stratège actions J. Safra Sarasin

Les injections de liquidités des grandes banques centrales continuent de jouer un rôle clés en stimulant la hausse des marchés actions. Le volume total de liquidités créé par les banques centrales continuera à croître au moins durant la première moitié de 2018.

Ce facteur, combiné avec une solide croissance des bénéfices, crée des conditions cadres favorables pour les marchés actions ces six prochains mois, plus particulièrement en Europe continentale

Les banques centrales mondiales ont joué un rôle majeur dans l’expansion du marché haussier des actions amorcé en 2009. Bien qu’elles n’aient évidemment pas acheté d’actions directement – à l’exception notable de la Banque du Japon et, dans une moindre mesure, de la Banque nationale suisse – l’expansion substantielle de leurs bilans a fortement stimulé l’appétit au risque des investisseurs. Ceux-ci ont de plus en plus pris confiance dans l’effet protecteur d’une politique monétaire qui accorde à la stabilité des marchés financiers presque la même importance qu’aux objectifs traditionnels de politique monétaire que sont une inflation modérée et une croissance soutenue.

La courbe des taux US à surveiller

Ces «options puts» implicites émises par Ben Bernanke et Janet Yellen ont sans doute empêché l’émergence de corrections prolongées sur les marchés d’actions. Les périodes de réduction des injections de liquidité ont sans surprise coïncidé avec des périodes de nervosité du marché, comme ce fut le cas en 2014-2015.

Nous surveillons aussi les tendances de liquidité macroéconomique pour les Etats-Unis et la zone euro en combinant plusieurs indicateurs qui incluent les taux réels, la courbe des taux ainsi que les taux de croissance des bilans des banques centrales et du crédit bancaire au secteur privé. La liquidité macroéconomique s’améliore à la fois aux États-Unis et dans la zone euro, même si l’évolution récente de la courbe des taux US mérite une attention soutenue si son aplatissement persiste.

Notre mesure favorite de liquidité reste la «Grande Muraille de Liquidités» résultant de la consolidation des bilans de la Réserve fédérale, de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d’Angleterre (BoE), de la Banque nationale suisse (BNS), de la Banque du Japon (BoJ) et de la Banque populaire de Chine (PBOC) convertis en dollars américains aux taux de changes du marché.

Plus de liquidité injectée

L’expansion de cette «Grande Muraille de Liquidité» évolue de pair avec la hausse du marché des actions depuis 2009 et nous pensons qu’il ne s’agit pas d’une corrélation fortuite. Même si la Fed commence à légèrement réduire son bilan, la BCE et la Banque du Japon augmenteront encore la taille du leur d’ici mi-2018 dans des proportions non-négligeables.

Notre message clés est que la liquidité injectée par les banques centrales devrait continuer de croître au premier semestre 2018, ce que nous considérons généralement favorable à une hausse des actions, étant donné que nous prévoyons également une croissance solide des bénéfices des entreprises.


 

 
 

 
 
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