Le futur est clairement en marche avec le développement des drones

vendredi, 06.10.2017

C’est à nous d’en saisir les infinies possibilités mais aussi de les encadrer afin de les faire fructifier avec intelligence.

Véronique Kämpfen, FER Genève

l y a dix jours, le tout premier vol d’un taxi-drone a eu lieu à Dubaï. Avec prudence, il a été réalisé sans passagers, mais le symbole est néanmoins fort. Dubaï souhaite que 25% des déplacements en ville se fassent par le biais de véhicules autonomes d’ici à 2030 et l’ambition affichée de Volocopter, l’entreprise qui a créé cet engin volant, est de permettre à chacun de réaliser le rêve de voler mais aussi d’aider les villes à résoudre leurs problèmes de circulation. Volocopter est une entreprise allemande, soutenue financièrement par des groupes comme le constructeur automobile Daimler, ce qui témoigne de l’intérêt que portent notamment les constructeurs automobiles à ces nouveaux moyens de déplacements.

De nombreuses possibilités

De nombreuses entreprises réfléchissent à l’utilisation de drones dans d’autres situations que le transport de personnes. Au Rwanda, une initiative visant à transporter des poches de sang par drone dans des cliniques difficiles d’accès par la route a vu le jour. Ce projet, nommé Zipline, est notamment soutenu par la société d’envoi et de livraison de colis UPS. D’autres grands investisseurs se sont intéressés à cette start-up, comme Google Ventures, Sequoia Partners et Paul Allen, le cofondateur de Microsoft.

Comme chez Volocopter, qui s’est entourée de spécialistes venant de Siemens et d’Airbus Helicopters, Zipline a engagé des anciens de SpaceX, de Boeing ou de la Nasa pour mener à bien son projet. De son côté, Amazon affiche la volonté d’assurer des livraisons de colis par drone en milieu urbain. Plus proche de nous, La Poste suisse prévoit d’utiliser les drones pour le transport d’envois ultra-prioritaires, pour la desserte de personnes vivant dans des régions reculées ou pour assurer l’approvisionnement de zones sinistrées.

Une empreinte dans le ciel

L’utilisation de drones va sans nul doute s’intensifier, voire se démocratiser. Se pose la question de leur empreinte dans le ciel et des règles de circulation aérienne. Aujourd’hui, à Genève, faire voler un drone est soumis à des conditions et à des autorisations strictes. Nul doute qu’il en va de même dans de nombreuses régions et pays. Il est utile d’adresser rapidement ces questions sous peine de voir des développements intéressants freinés par des réglementations inappropriées ou, au contraire, voir certains développements se faire au détriment du bien-être général.

Quelles sont les limites?

Ainsi, toujours à Dubaï, une entreprise s’est lancée dans la distribution par drones de boissons à la plage. Est-ce vraiment là le sens de ces avancées technologiques ou est-ce, en ce cas précis, une pollution de l’espace aérien? Ce type de question se pose et doit faire l’objet d’une réflexion. «Encourager l’innovation et adopter les dernières technologies contribue non seulement au développement du pays, mais construit aussi des ponts vers le futur», a déclaré le cheikh Hamdan à la presse qui était présente à Dubaï lors de l’essai du drone-taxi. Le futur, dans ce domaine, est clairement en marche. Les possibilités qui s’ouvrent semblent infinies. A nous de les saisir ainsi que de les encadrer pour les faire fructifier avec intelligence.


 

 
 

 
 
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