La reprise se poursuit pour les PME industrielles

jeudi, 14.09.2017

Le baromètre UBS a grimpé de 0,49 à 0,65 point. Les marges des entreprises se sont amenuisées.

Philippe G. Müller*

Entre avril et juillet, la situation des PME dans l’industrie s’est améliorée. Une tendance similaire se dessine dans le secteur des services et chez les détaillants. L’avenir de la branche du bâtiment est en revanche plus contrasté.

Le Baromètre UBS des PME industrielles a grimpé de 0,49 à 0,65 point. Pour les grandes entreprises industrielles, l’indice est en revanche légèrement retombé, de 0,51 à 0,41. Néanmoins, les deux baromètres restent au-dessus de leur moyenne sur le long terme. Chez les prestataires de services, la situation économique s’est aussi largement améliorée.

La remontée du baromètre des PME industrielle s’explique essentiellement par la comparaison avec l’an passé, car il s’est dégradé en rythme mensuel. La hausse est notamment portée par l’évaluation générale positive de la situation économique et par les commandes globales et étrangères.

Dans les grandes entreprises, le baromètre a été plombé par la diminution des commandes par rapport au mois précédent ainsi que par le ralentissement de la production. Il baisse donc légèrement, de 0,51 à 0,41. L’évaluation globale de la situation économique et l’optimisme concernant la production ont augmenté depuis avril, empêchant un recul encore plus marqué. 

Malgré un léger recul, le baromètre des grandes entreprises pour juillet reste au-dessus de sa moyenne sur le long terme. L’amélioration des perspectives des entreprises industrielles concorde avec les estimations des économistes d’UBS qui prévoient, pour cette année, une croissance économique plus soutenue.

L’amélioration se poursuit dans le secteur des services

Dans le secteur des services, la situation continue de s’améliorer. Les grandes sociétés font un peu mieux que les PME, surtout sur le plan de la situation bénéficiaire au cours de ces trois derniers mois. Dans les PME, les bénéfices se sont également améliorés. Les deux groupes se montrent toutefois plutôt pessimistes quant à l’évolution des prix de vente, les grandes entreprises étant nettement moins optimistes que les PME.

Chez les détaillants, la situation s’est quelque peu détendue, même si, en juillet, ils jugeaient toujours leur situation insatisfaisante. La récente baisse du franc face à l’euro devrait toutefois les soulager. Cela dit, les marges se sont encore érodées au troisième trimestre et tant les grands commerçants que les petits prévoient des baisses de prix sur les trois prochains mois, ce qui devrait péjorer la situation.

La situation des PME du secteur du tourisme s’est nettement améliorée sur les trois derniers mois, mais reste à la traîne de celle des plus grandes entreprises. Les PME jugent toujours leur situation économique mauvaise, et la profitabilité s’est encore dégradée, mais on constate tout de même une nette amélioration depuis quelques mois. 

Dans les grandes entreprises, qui estiment leur situation satisfaisante pour la deuxième fois d’affilée, la reprise économique est bien plus avancée. Les chiffres d’affaires et la demande ont continué de remonter pour les deux groupes, avec un avantage pour les grandes entreprises.

Dans le secteur du bâtiment, la situation économique des PME s’est malheureusement encore assombrie, alors qu’elle s’est améliorée pour les grandes entreprises. Leurs perspectives légèrement plus optimistes pourraient s’expliquer par les chiffres d’affaires plus élevés et les carnets de commandes bien remplis. De plus, les grandes entreprises s’attendent à ce que les prix continuent d’augmenter. 

Dans les PME, les marges se sont amenuisées, ce qui ne devrait pas changer de sitôt, car elles s’attendent à une chute des prix à court terme. 

Par ailleurs, les PME ont perdu en volumes de commandes au troisième trimestre.

*Économiste responsable pour la Suisse romande, Chief Investment Office d’UBS


 

 
 

 
 
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