Un compromis acceptable, une réforme indispensable

lundi, 11.09.2017

Prévoyance 2020. Un système de sécurité sociale viable à long terme est nécessaire pour les entreprises.

Olivier Sandoz*

Olivier Sandoz

Les entreprises évoluent dans un monde de plus en plus compétitif et globalisé. Pour assurer leur pérennité, elles doivent pouvoir bénéficier des meilleures conditions cadre possibles. Un système de sécurité sociale performant et viable à long terme en fait partie. Le nôtre a largement fait ses preuves, il est reconnu et très souvent cité en exemple à l’étranger. Il doit néanmoins être adapté à l’évolution de la démographie à l’instar des pays qui nous entourent. Or, cela fait plus de 20 ans que les principales réformes visant à l’adapter ont échoué.    Le projet sur lequel nous devrons nous déterminer le 24 septembre n’est certes pas parfait. C’est un compromis qui a le mérite d’exister et de pouvoir être accepté.

Faire preuve de pragmatisme

Notre Fédération a, il est vrai, toujours soutenu qu’il fallait éviter de favoriser le 1er pilier au détriment du 2e pilier. Toutefois, au vu des enjeux et de la nécessité de voir enfin une réforme acceptable aboutir, il faut savoir faire preuve de pragmatisme. Cette réforme est une première étape indispensable dans la consolidation de notre système de sécurité sociale. C’est pourquoi les principales organisations patronales et économiques romandes soutiennent le projet Prévoyance 2020 (PV 2020).

Les opposants à ce projet promettent un plan B. Au vu du nombre de projets déjà rejetés, il s’agirait plutôt d’un plan C ou D. Qui plus est, ce fameux plan coûterait plus cher aux PME et ne pourrait pas entrer en vigueur avant plusieurs années.

Une réforme dans l’intérêt de tous

Pérenniser notre système de sécurité sociale est dans l’intérêt de tous: jeunes, retraités, actifs et non actifs, femmes et hommes. A cet égard, on ne peut que regretter l’attitude des opposants qui n’ont de cesse de prétendre que cette réforme se fait au détriment des retraités et des femmes. Alors même que les principales associations qui s’engagent pour le bien-être des personnes âgées, comme Pro Senectute ou le Conseil suisse des aînés, soutiennent ce projet, de même que l’Alliance des sociétés féminines suisses.    

Il est important de souligner que le taux de conversion actuel, de 6,8%, qui prévaut dans la partie obligatoire de la prévoyance professionnelle, ne correspond plus du tout à la réalité démographique et à l’espérance de vie. Rejeter PV 2020, c’est contraindre les caisses de pension, et ce pendant encore de nombreuses années, à travailler avec un taux de conversion trop élevé, avec comme conséquence un subventionnement croisé qui se fait au détriment des assurés actifs, et donc des jeunes. En ce qui concerne les retraités actuels, il faut rappeler que lorsqu’une partie d’entre eux est arrivée à la retraite, le taux de conversion minimal était supérieur à 6,8%, voire proche de 7,2%. Leur taux de conversion ne sera pas abaissé dans le cadre de la réforme dont il est ici question. Il est donc cohérent qu’ils ne bénéficient pas de l’augmentation mensuelle prévue de la rente AVS de 70 francs.

Une première étape indispensable

Cette réforme n’est pas exempte de défauts, mais elle a le mérite d’exister. Elle constitue la première étape de la consolidation indispensable de notre système de sécurité sociale et permet de garantir le paiement des rentes AVS à moyen terme. En effet, sans cette réforme, l’état du Fonds de compensation AVS sera de -43 milliards de francs en 2035, alors qu’avec PV 2020, il sera encore de 35 milliards de francs à la même date. Pour toutes ces raisons, des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, de gauche comme de droite lancent un appel à la défense des retraites. N’hésitez pas à les rejoindre: www.compromis-raisonnable.ch!n

* FER Genève


 

 
 

 
 
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