Mais en fait, c’est quoi une start-up?

vendredi, 08.09.2017

Fathi Derder

D’abord, un petit cocorico : la Suisse devient romande. Depuis quelques années, les start-up lausannoises dominent l’écosystème helvétique. Dans le Top 10 de VentureLab, on trouve six lausannoises pour trois zurichoises. Le double. Sans compter les Sophia Genetics ou Abionic, trop âgées pour le classement. La Suisse de demain se fabrique en Suisse romande, merci l’EPFL.

Autre bonne nouvelle, les start-up suisses vont bien dans leur ensemble. De brillants chercheurs développent des pépites reconnues dans des secteurs stratégiques comme la santé. La qualité est là. Tout va donc bien, ou presque : ces entreprises manquent de fonds. Aucune d’entre elles ne s’impose encore au niveau mondial dans un deuxième temps, car elles manquent de capital-risque. La comparaison avec Israël est cruelle : comme l’a souligné L’Agefi cette semaine, la Suisse attire cinq fois moins de capital-risque que ce petit pays, démographiquement comparable au nôtre, mais économiquement nettement moins puissant.

Car Israël, ce pays en guerre, a compris que sa survie passait par ses chercheurs et ses start-up. Pas besoin d’être un génie pour  voir que l’Amérique et l’Asie font main basse sur le monde numérique, et que nous sommes dans un nouveau rapport de force. Israël a réagi avec succès. Pendant ce temps, Berne veut tailler dans les budgets. En fait, la Suisse n’a pas compris le rôle de ces entreprises fondées sur la science. Elles incarnent l’avenir, mais le Palais fédéral y voit des gadgets.

Il faut mieux porter la voix des start-up à Berne. Nous allons nous y employer. L’Agefi s’associe à VentureLab pour donner une voix aux 100 meilleures start-up de Suisse. Un lobby du Top 100. Nous allons relayer leurs attentes. Pour dire, et redire, que ce secteur d’avenir à besoin de capitaux, et de cerveaux. Et que des mesures simples s’imposent pour encourager l’investissement, et attirer les talents.

Défiscaliser l’investissement, instaurer des start-up visas, et donner des moyens aux Hautes Ecoles. Des mesures simples. Mais on n’en prend aucune. Car pour cela, il faudrait une révolution à Berne. Une prise de conscience «israélienne» : une start-up n’est pas un gadget. C’est une arme économique.n


 

 
 

 
 

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