La médecine prédictive innovation du 21e siècle

mercredi, 06.09.2017

Notre corps se révèle être une machine «à données». C’est désormais l’affaire des algorithmes.

Xavier Comtesse*

Qu’elles soient révélées par notre ADN, notre activité, nos organes, nos cellules ou encore de processus actifs en son sein, notre corps est un puits sans fond de données. 

La maîtrise de cette immense quantité d’informations devrait déboucher petit à petit vers une nouvelle médecine. Une médecine des Big Data, du Deep Learning ou de l’Internet des Objets. Une médecine à la croisée de tout ce qui se fait de mieux et ayant pour la première fois, la particularité de vouloir nous distinguer les uns les autres. On ne sera plus des échantillons statistiques mais des êtres totalement uniques. Pour chaque maladie, un traitement est taillé sur mesure, à notre mesure. 

L’analyse intelligente en temps réel

L’enjeu est d’apprendre quelque chose de nouveau des données? Ainsi, on le sait bien, il existe des caractéristiques intrinsèques ayant des «patterns» propres aux données servant à nous sauver ou à nous prévenir de problèmes de santé. Par exemple, une montre connectée peut analyser les battements du cœur et identifier ainsi un problème cardiaque bien avant l’issue fatale. Un changement de comportement d’achat alimentaire dans un supermarché peut signaler par exemple, un risque avéré de diabète.

C’est le but de la Data Science. 

En dehors de l’immense stock de données, c’est dans la lecture du de celles-ci que se cachent de précieux renseignements. Si nous pouvions apprendre quelque chose de l’avenir en lisant et en interprétant le flot de ces données, alors nous parviendrions à un niveau de qualité de vie et peut-être d’espérance de vie. 

On avait donc jusqu’ici un système de protocole basé sur l’expérience, sur l’analyse statistique de séries souvent confortée par la recherche clinique. Aujourd’hui, c’est l’analyse intelligente en temps réel du croisement des Big Data et des données personnelles du patient qui écrit un protocole adapté à chaque personne et à chaque situation presque à chaque instant. Ce n’est absolument pas la même chose. On quitte la statistique et le temps différé pour l’analyse personnalisée en temps réel. Le vieux monde statique s’efface ...un nouveau apparaît très dynamique!

Demain, il faudra donc s’attendre à avoir des actions médicales décidées au dernier moment selon les circonstances. Cette approche rapide, dynamique et personnalisée est incontestablement un très grand progrès. 

Ainsi, nous sortons d’un âge largement dominé par la hiérarchisation des connaissances médicales pour celui des faits immédiats interprétés par des ordinateurs. Le prédictif, c’est l’affaire des algorithmes comme l’étaient auparavant les protocoles de traitements par les professionnels de la santé. 

En passant par les algorithmes (Watson), on cède aux machines (IBM) notre santé. Pour le pire ou le meilleur, qui sait vraiment? Le mouvement est lancé, Il paraît même irréversible! On a par ailleurs oublié de discuter socialement de ce choix tant le politique semblait obstiné par les coûts de la santé qu’il ne réussit finalement pas à maîtriser. N’est-ce pas Monsieur Berset?

Ainsi, le monde politique a oublié l’essentiel: le numérique, c’est un changement de monde pour lequel une discussion aurait au minimum été nécessaire. Mais pouvons-nous vraiment de nos jours espérer cela du politique?

*Auteur du livre «Santé 4.0»


 

 
 

 
 
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