Joseph Jimenez a bien entamé le redressement de Novartis

mardi, 05.09.2017

Christian Affolter

Etablir à chaud un bilan à l’annonce du départ du CEO Joseph Jimenez n’est pas chose aisée. Mais il paraît clair que l’Américain laisse Novartis dans une meilleure posture que lors de son accession à la tête de l’entreprise. En 2010, la situation du groupe était bien plus difficile  qu’aujourd’hui, ce que l’aura et le statut de son prédécesseur, Daniel Vasella, avait eu tendance à masquer. Au point que Vasant Narasimhan, CEO désigné, devra continuer le travail de repositionnement suite à cet héritage très problématique, même si une part importante du chemin a été accomplie. Sous l’ère Jimenez, Novartis a enfin pu se mettre sur la carte des acteurs importants de l’immuno-oncologie, qui permet des traitements nettement mieux ciblés que par le passé, suscitant même des espoirs de guérison. C’est ainsi que la percée à forte valeur symbolique dans la thérapie génique, avec une approbation par la FDA américaine communiquée la semaine dernière, a été rendue possible. Cela a notamment passé par les grandes opérations de transfert de portefeuilles avec GlaxoSmithKline en 2014, qui avait compris une série de médicaments de ce type-là.

Celles-ci ont aussi marqué la rupture avec le positionnement aussi large et universel que possible visé par Daniel Vasella, l’architecte de la fusion entre Ciba-Geigy et Sandoz ayant donné naissance à Novartis en 1999. La défense de places de leader mondial n’est possible qu’en se focalisant sur quelques domaines de compétences, au lieu de disperser les efforts. Que les divisions Alcon et Sandoz soient actuellement les plus discutées ne doit rien au hasard – elles représentent les entités du groupe qui correspondent le moins à cette nouvelle stratégie, et le plus à l’héritage Vasella. La décision de les réaligner au sein du groupe ou de les céder, voire de les coter, incombera probablement à son successeur.

Le départ de Joseph Jimenez laisse ainsi un certain goût d’inachevé, même s’il annonçait une décision concernant le portefeuille ophtalmologique d’Alcon encore avant la fin de son mandat. Mais le CEO démissionnaire a probablement aussi reconnu que de rester trop longtemps à ce poste comporte le danger de devenir insensible aux évolutions dans le domaine des traitements médicaux et au sein de l’industrie.


 

 
 

 
 

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