Les partisans ont oublié de compter avec les jeunes

vendredi, 11.08.2017

Prévoyance vieillesse. La réforme rencontrerait une large opposition chez les citoyens nés en 1974 et après.

Monika Rühl*

Les problèmes financiers de l’AVS s’accentueront rapidement en cas de oui à la réforme soumise au vote en septembre. Les jeunes ont apparemment bien compris qu’ils paieront la facture: d’après le dernière enquête Tamedia, ils rejettent nettement la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020. Et les retraités, ont-ils conscience qu’ils ne profiteront pas de cette réforme?

Ceux qui présentent cette réforme comme seul compromis possible et prédisent une victoire pour septembre ont apparemment oublié de compter avec les jeunes. C’est ce qui ressort nettement de la dernière enquête Tamedia. Les citoyens nés en 1974 et après sont majoritairement opposés à la réforme. Pourquoi? Car celle-ci garantit aux personnes nées avant 1974 les droits acquis en termes de rentes LPP obligatoire, une garantie qu’elle n’accorde pas aux personnes nées à partir de 1974. À cela s’ajoute l’augmentation de 70 francs par mois pour tous les nouveaux bénéficiaires de rentes AVS malgré la situation de déficit.

Dans la mesure où les problèmes financiers de l’AVS s’aggraveront rapidement en cas de oui à la réforme, il n’y pas de doute sur qui paiera la facture: les jeunes. Ils feront les frais de l’augmentation de la TVA, verront leur salaire net diminuer en raison du relèvement des cotisations salariales, seront affectés par les réformes à venir en raison de l’évolution démographique et devront en plus assumer le chèque en bois du développement de l’AVS. La majorité des jeunes ont bien identifié le point faible de la réforme.

Quid des retraités?

Les retraités ont-ils déjà pris conscience qu’ils ne profiteront pas de la réforme? En effet, la hausse de 70 francs par mois des rentes s’appliquera à tous – à l’exception de ceux qui touchent déjà une rente bien méritée. Est-ce équitable pour les personnes âgées qui n’ont pas profité pleinement de l’introduction du deuxième pilier au milieu des années 1980 et comptent d’autant plus sur leur premier pilier, l’AVS? Les jeunes et les retraités attendent certainement autre chose d’une économie de marché sociale que cette pseudo-réforme de la prévoyance vieillesse.

L’issue de la votation sur la prévoyance vieillesse reste donc ouverte. Un non offrirait la possibilité d’élaborer un meilleur compromis, plus équilibré. La population et les milieux économiques sont prêts à y contribuer activement. Après un non le 24 septembre, il sera possible d’élaborer rapidement un nouveau projet qui soit plus équitable.

* Présidente de la direction d’economiesuisse


 

 
 

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