Réflexions après la Fête nationale

mercredi, 09.08.2017

L’importance économique du fédéralisme suisse.

Philippe G. Müller*

Lors du 1er août , l’économiste en chef d’UBS Suisse a été invité par le conseil de sa commune à prononcer le discours officiel de la Fête nationale. Il l’a consacré à la structure des institutions gouvernementales suisses, car le fédéralisme helvétique très développé associé aux instruments de démocratie directe très poussés est effectivement un des facteurs souvent sous-estimés du succès de la place économique suisse.

Selon le principe du fédéralisme, ancré dans la Constitution, les missions et compétences publiques doivent être attribuées à l’autorité territoriale la plus «locale» possible. Ainsi, la diversité des conditions-cadres et des règles sociales et économiques de cohabitation sur le petit territoire helvétique ne sont pas seulement tolérées, mais activement encouragées. Le fédéralisme fonctionne selon le principe de «résoudre les problèmes grâce à la concurrence entre territoires à taille humaine».

Concurrence intense

Dans un Etat fédéral, une concurrence intense entre cantons – et entre communes – doit leur permettre d’attirer les ménages et les entreprises qui alimentent les ressources fiscales. Cette concurrence pousse en retour les instances publiques – à tous les niveaux – à exploiter le plus efficacement possible les ressources disponibles et à répondre au mieux aux besoins des citoyens et des entreprises: les problèmes se résolvent plus vite grâce à la concurrence des petites entités.

Démocratie directe

Complété par une démocratie directe très poussée, le fédéralisme a ainsi contribué à faire de la Suisse l’un des pays industrialisés où la pression fiscale et les dépenses publiques sont les moins lourdes. Et ce avec des services publics et des infrastructures qui sont excellents. En outre, la Suisse fait partie des pays les plus libéraux de la planète, parce que l’Etat et la politique sont étroitement contrôlés par le fédéralisme et par la démocratie directe.

C’est pourquoi il est regrettable que, dans beaucoup de domaines politiques, sous couvert d’arguments de justice sociale ou d’égalité des chances, des règles spécifiques aux diverses régions soient petit à petit discrètement rognées et centralisées. Il s’agit de toujours remettre en question cette tendance, en gardant à l’esprit les effets salutaires du fédéralisme.

Economiste responsable

pour la Suisse romande,

Chief Investment Office d’UBS


 

 
 

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