Prévoyance 2020: oui à la réforme pour ne pas aggraver la situation

mercredi, 09.08.2017

Le fonds AVS pourrait se vider au point de ne plus pouvoir verser toutes les rentes en 2030.

Sandrine Hanhardt Redondo Centre patronal

Le 24 septembre prochain, le peuple se prononcera sur le projet de réforme Prévoyance vieillesse 2020. Depuis de nombreuses années, nous faisons face au défi du financement de la prévoyance vieillesse. L’évolution démographique est marquée par le vieillissement de la population et les rentiers sont de plus en plus nombreux. Le déficit de financement dans l’assurance vieillesse et survivants (AVS) s’aggrave de ce fait d’année en année. Sans réforme, le déficit annuel de l’AVS ne cessera d’augmenter et le Fonds AVS se videra, au point de ne plus être à même de verser toutes les rentes en cours vers 2030. Nous ne pouvons aujourd’hui pas décemment continuer de laisser la situation s’aggraver et devons sortir de l’immobilisme! Une réforme est nécessaire et celle qui nous est aujourd’hui proposée constitue un compromis acceptable (les discussions ont été très vives aux Chambres), même si elle n’est pas parfaite. Contrairement à ce que laissent entendre certains, il n’y a pas de plan B, toutes les révisions ayant échoué depuis près de vingt ans. Cette réforme, première étape dans la voie de la pérennisation de nos assurances sociales, doit donc être acceptée.

Réponse aux opposants

Les opposants reprochent à la réforme de prévoir des mesures antisociales, tels l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes et l’abaissement du taux de conversion dans le 2e pilier. Il n’est pas inutile de rappeler que l’alignement de l’âge de la retraite des femmes sur celui des hommes ne signifie pas être contre l’égalité salariale. Aujourd’hui, les femmes ont un droit indépendant à la rente et le travail familial est devenu indépendant du sexe avec le splitting ainsi qu’avec les bonifications pour tâches éducatives et d’assistance. L’espérance de vie a en outre aussi augmenté. Il paraît dès lors logique et acceptable d’aligner l’âge de la retraite des femmes sur celui des hommes. L’augmentation de la rente AVS de 70 francs en compensation de l’abaissement du taux de conversion sera notamment bénéfique aux femmes, ces dernières travaillant majoritairement à temps partiel. De nombreuses femmes – on estime leur nombre à 500 000, soit un quart de femmes actives - n’ont en effet pas de 2e pilier et une compensation uniquement au sein du 2e pilier les auraient désavantagées.

Autre argument fallacieux entendu: la réforme se ferait sur le dos des rentiers actuels et des jeunes. C’est faux! La révision entend justement pérenniser le système et assurer sa viabilité afin que nos jeunes puissent un jour toucher eux aussi des rentes, ce qui ne serait pas possible si le système faisait faillite. Quant aux rentiers actuels, leurs retraites ne sont pas touchées, leur niveau de rente est assuré jusqu’en 2030 au moins et il est normal qu’ils ne bénéficient pas de l’augmentation de 70 francs. Cette augmentation est en effet l’une des quatre mesures destinée à compenser l’abaissement du taux de conversion pour les nouvelles retraites; or, les rentiers actuels ne verront pas leur retraite touchées ni leur taux de conversion diminuer.n


 

 
 

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