L’avenir radieux de la voiture et du camion

vendredi, 04.08.2017

L’électrification de notre parc et la révolution numérique vont provoquer une baisse des coûts au kilomètre.

Patrick Eperon Centre patronal

Il était de bon ton, il y a encore peu, de mettre en cause l’avenir de la mobilité routière motorisée ou, en d’autres termes, l’avenir de la voiture et du camion.

Les critiques de nos principaux moyens de transport auraient dû garder à l’esprit que la question a été liquidée politiquement en Suisse, avec le rejet cinglant, par près de 80% des votants, en 2000, d’une initiative populaire fédérale écologiste visant à réduire de moitié le trafic routier motorisé.

Mais c’est bien – comme toujours – le marché qui a tranché depuis lors. En effet, l’Office fédéral de la statistique souligne que la route a absorbé en 2015, dans notre pays, près des trois quarts des prestations de transport de personnes (transports publics: moins de 20%) et 61% des prestations de transport de marchandises (rail: 39%). Par ailleurs, le Département de Mme Leuthard table sur une croissance de 18% des prestations du trafic routier voyageurs d’ici 2040 et de 33% des prestations du trafic routier marchandises, croissances certes inférieures à celle du rail... mais sur la base de volumes initiaux plus importants que pour ce dernier. Enfin, la Suisse comptait près de 6 millions de véhicules à moteur en 2016, soit 30% de plus qu’en 2000, date du rejet de l’initiative écologiste susmentionnée.

Par conséquent, le volume du trafic routier ne cesse d’augmenter, comme l’attestent année après année les cartes de trafic établies par l’Office fédéral des routes, avec des tronçons autoroutiers fréquentés par plus de 100.000 véhicules par jour.

Pourtant, l’essentiel ne réside pas dans ces chiffres, aussi impressionnants qu’officiels. Car l’avenir de la mobilité routière motorisée découlera d’abord d’une double «disruption» constituée de la révolution numérique et de l’électrification progressive de notre parc de voitures de tourisme.

Concurrents du rail

Les bénéfices que la mobilité routière motorisée tirera toujours davantage de la révolution numérique ont été mis en lumière mi-juillet dernier par le directeur général des CFF. M. Meyer a en effet souligné que l’avènement des véhicules routiers autonomes en général et des voitures autonomes en particulier va sérieusement concurrencer le rail, en divisant par deux les coûts au kilomètre pour les transports de marchandises et de personnes.

Sur un autre plan l’Agence Internationale de l’énergie tablait, fin 2016, sur un parc automobile mondial comptant pas moins de 150 millions de voitures électriques en 2040. Si ces perspectives, que la baisse du coût des batteries rend réalistes, se concrétisent, la pollution et les émissions de CO2 générées par le trafic individuel motorisé vont diminuer; pour autant bien entendu que la production de courant nécessaire à cette électrification génère peu voire pas de gaz à effet de serre et ce à un coût compétitif, alors que le prix du pétrole – auquel le prix du gaz est partiellement corrélé – demeurera probablement bas.

De ce fait, on peut prédire à la voiture et au camion un avenir radieux, pour paraphraser, à juste titre cette fois, un titre dénonçant le collectivisme.


 

 
 

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