Solide performance pour les caisses de pension suisses

mercredi, 02.08.2017

La réforme ‹Prévoyance vieillesse 2020› constitue un pas dans la bonne direction.

Philippe G. Müller Economiste responsable pour la Suisse romande, Chief Investment Office d’UBS

En juin, la performance des caisses de pension suisses a certes été légèrement négative, comme l’indique la revue mensuelle du secteur publiée par UBS.

Néanmoins, les établissements de l’échantillon affichent, sur la première moitié de l’année, une performance tout à fait honorable de 3,67%. Ces performances sont même plus élevées que le rendement sur l’ensemble de l’année 2016.

Sans grande surprise, ces bons résultats s’expliquent par le dynamisme remarquable des marchés d’actions. Cette année, contrairement à 2016, les actions suisses ont connu une forte appréciation, à l’instar des actions mondiales. Jusqu’au milieu de l’année, la performance des emprunts obligataires a été quelque peu pénalisée par la légère augmentation des taux d’intérêt. Sans cela, les résultats seraient encore plus réjouissants.  

Aussi bonne que soit la performance cette année encore, la génération active n’en récolte plus les fruits depuis de longues années.

En effet, la rémunération de ses avoirs de vieillesse a fondu. Le taux d’intérêt minimal du régime obligatoire de la prévoyance professionnelle (LPP), le deuxième pilier du système de prévoyance vieillesse helvétique, a été ramené de 1,25% à 1,0%. Cette baisse reflète en grande partie la situation difficile en matière de placements à rémunération fixe. Dans le contexte actuel de taux d’intérêt négatifs, il est en effet devenu quasi impossible de générer du rendement.

Des rentes

trop généreuses

En même temps, le taux de conversion légal de 6,8% pour la part obligatoire du deuxième pilier est trop élevé, ce qui entraîne des rentes trop généreuses au vu de l’espérance de vie actuelle. En effet, si l’on reçoit chaque année 6,8% de ses avoirs de vieillesse sous forme de rente, un calcul tout simple montre que le capital sera épuisé après... 14,6 ans.

Bien entendu, on peut rétorquer que les intérêts perçus sur ce capital allongent quelque peu ce délai. Mais, dans l’environnement actuel de taux d’intérêt nuls, c’est – au bas mot – très optimiste.

Les personnes qui partent aujourd’hui à la retraite avec un taux de conversion de 6,8% ont encore, en moyenne, 22 années à vivre. Si, après 16 ou 17 ans, le capital épargné au cours de leur vie est épuisé, les rentes sont tout simplement financées par les générations suivantes.

Réallocation

de richesses

Il est donc évident que, dans les circonstances actuelles et au vu de la nette augmentation de l’espérance de vie, on assiste à une énorme réallocation de richesses aux dépens des actifs et au profit des retraités actuels - et ce même dans le deuxième pilier, surtout dans le régime obligatoire.

Le référendum qui aura lieu en septembre sur le projet de réforme «prévoyance vieillesse 2020» constitue un pas dans la bonne direction.

Le taux de conversion serait abaissé de 6,8% à 6,0%. Pour amortir les conséquences financières de la diminution des rentes pour les bénéficiaires futurs, la réforme inclut diverses mesures de compensation.

Ainsi, la déduction de coordination serait abaissée et les taux de cotisation jusqu’à l’âge de 55 ans légèrement augmentés, afin que les jeunes actifs, les travailleurs à temps partiel ainsi que les générations intermédiaires cotisent davantage plus tôt et puissent se constituer un avoir de retraite plus substantiel.n


 

 
 

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