2/2. Depuis le début de l’année, les indicateurs conjoncturels se montrent particulièrement solides" name="description"/>

L’attractivité de la zone Euro

mercredi, 12.07.2017

2/2. Depuis le début de l’année, les indicateurs conjoncturels se montrent particulièrement solides

Marco Bonaviri*

Globalement, l’activité économique dans la zone euro s’est accélérée depuis la mi-2016 et les indicateurs avancés atteignent désormais des sommets inédits depuis plusieurs années, laissant penser que cette dynamique est susceptible de persister. Depuis le début de l’année, les indicateurs conjoncturels  se montrent particulièrement solides, les indices PMI et les enquêtes de confiance affichant leurs plus hauts depuis six ans. Par ailleurs, la croissance du PIB dans la zone euro au premier trimestre a atteint l’un de ses niveaux les plus élevés des dix dernières années, à 0,6% en glissement trimestriel.

Les banques offrent des prêts bon marché, le marché du logement se redresse, le marché de l’emploi se tend et les pouvoirs publics promettent des baisses d’impôts. La résolution des incertitudes politiques dans un sens favorable pourrait également aider à libérer l’investissement. 

Depuis 2015, l’économie dans la zone euro s’est recentrée sur des moteurs de croissance intérieurs comme la consommation et les dépenses d’investissement, ce qui a induit une dynamique économique plus large et résiliente. La baisse des prix de l’énergie, le repli de l’euro, la hausse régulière de l’inflation et la reprise de l’activité dans les pays émergents sont autant de facteurs qui ont contribué à la récente accélération de la croissance.

Juste après le premier tour de la présidentielle

Les flux de capitaux d’investissement cumulés  vers les actions européennes sont restés négatifs durant la majeure partie de 2016 mais cette tendance a commencé à s’inverser en fin d’année. Les flux vers les actions européennes hors Royaume-Uni depuis le début de l’année en cours s’établissent à 19,3 milliards de dollars, en hausse de 7,9%, et sont les plus élevés toutes régions confondues.

Ces afflux ont eu lieu pour la plupart juste après le premier tour des élections présidentielles françaises, indiquant qu’un volume considérable de capitaux était conservé en réserve dans l’attente du résultat, alors même que l’opinion de la majorité des investisseurs internationaux vis-à-vis des actions de la zone euro était devenue positive au deuxième semestre 2016. 

Le positionnement sur la région reste faible néanmoins, en particulier suite à la sortie de capitaux  constatés dans le sillage du vote en faveur du Brexit. Les afflux vers les actions de la zone euro sont susceptibles de persister encore un temps compte tenu de la marge qui existe avant de récupérer les capitaux qui ont fui la région ces dernières années. Malgré ces facteurs positifs, des failles apparaissent dans l’argumentaire d’investissement en faveur des actions de la zone euro. En premier lieu, les prévisions de croissance des bénéfices en 2017 tablent de façon excessive sur le retour en force des établissements financiers et des entreprises énergétiques, ces deux secteurs représentant la moitié des prévisions consensuelles de croissance des BPA cette année. 

Depuis la mi-novembre 2016, les cours du pétrole ont progressé en glissement annuel, donnant aux entreprises énergétiques une impulsion qui s’est manifestée dans leurs résultats du premier trimestre 2017. Cependant, le prix du brut léger américain s’affiche actuellement en baisse de 13% sur un an, ce qui va de nouveau mettre la pression sur les entreprises énergétiques d’ici fin 2017 et remet en question la croissance de 76% des BPA prévue dans le secteur. Les rendements obligataires dans la zone euro et aux Etats-Unis sont orientés à la baisse depuis janvier, alors que les anticipations d’inflation retombent de part et d’autre de l’Atlantique. Le maintien du bas niveau des rendements voire même leur nouvelle baisse aurait pour effet de réduire la marge d’intérêt nette des banques et pourrait menacer la croissance des BPA dans le secteur financier.

En second lieu, les économistes s’accordent à penser que la phase d’accélération du cycle de reprise est maintenant derrière nous et que la dynamique économique dans la zone euro a sans doute atteint son maximum au premier semestre 2017. La croissance devrait rester stable mais les prévisions annoncent une décélération de la dynamique économique à compter du deuxième semestre 2017. La croissance réelle des salaires reste trop proche de zéro et les conditions financières risquent de se durcir désormais. La croissance du crédit ralentit et les perspectives concernant les dépenses d’investissement s’assombrissent. La croissance des exportations semble avoir atteint un pic pour le moment et le récent raffermissement de l’euro ne plaide pas en faveur d’une nouvelle accélération.

La solide croissance des bénéfices, les valorisations comparativement attrayantes, la dynamique économique certes moins forte mais néanmoins résiliente, le sous-positionnement des investisseurs et la diminution des incertitudes politiques ont induit une évolution positive du sentiment des investisseurs vis-à-vis des actions de la zone euro bien que des nuages s’amoncellent à l’horizon. Du point de vue de l’investissement, les entreprises européennes de taille moyenne hors secteurs financier et de l’énergie présentant une croissance et des cash-flows stables pourraient offrir le meilleur potentiel.

*Senior portfolio manager auprès de la Banque Reyl


 

 
 



agefi_2017-07-12_mer_02
 


...