Investissement luxe et entrepreneurial

lundi, 10.07.2017

Private equity. Un véhicule d’investissement se construit entre Neuchâtel et Genève. Les acteurs locaux sont aussi ciblés.

Stéphane Gachet

Il ne peut pas s’agir seulement d’un hasard de calendrier. Il y a quelques jours, Banque Mirabaud choisissait le journal Le Temps (édition du 4 juillet) pour présenter la création d’un fonds dédié au private equity luxe. Cet automne, un nouvel opérateur sera sur les rangs, lui aussi ciblé sur les entreprises occupant des positionnements de type luxe. La structure est en voie de constitution, dont les détails sont encore gardés, mais, dès l’automne prochain, il y aura une SA, soutenue par cinq associés et un véhicule d’investissement avec pour objectif une première étape d’atteindre les 100 millions de francs. A la différence du private equity traditionnel, ce fonds s’appuie sur une approche entrepreneuriale, l’objectif étant d’accompagner les cibles d’investissement à travers des étapes de transformation.

Les racines du projet remontent à novembre 2016. L’information a discrètement perlé dans PME Magazine, qui annonçait dans son édition du 29 mars la création de ce fonds luxe romand. L’équipe dirigeante ne souhaite pas donner plus d’informations à ce stade sur la structure elle-même. Ce que l’on sait donc est que la figure de proue du projet est Vincent Perriard, dont le dernier poste opérationnel fut la présidence des montres HYT (L’Agefi du 8 mai), à Neuchâtel, mais son parcours au sein de l’industrie horlogère est déjà très épais: direction de Concord (groupe Movado), de TechnoMarine, en tandem avec Christian Viros. Il fut aussi directeur de la communication internationale d’Audemars Piguet et vice-président marketing international des montres Hamilton (Swatch Group).

Une personnalité de terrain donc, qui s’associe cette fois à quatre autres entrepreneurs, qui constitueront la structure managériale du fonds. Deux d’entre eux ne désirent pas apparaître pour l’instant, mais qui représente un atout, sinon une caution majeure pour le projet. Les deux autres noms sont déjà connus. Edouard Burrus, membre de la famille Burrus des Tabacs à Boncourt. Il s’est illustré au printemps 2015 au côté de Philippe Camperio dans la reprise du chapelier italien Borsalino (L’Agefi du 15 mai 2015). Et Christian Frampton, partenaire gérant de Genii Capital à Genève, fort d’un parcours de près de 20 ans dans l’investissement et la gestion de fortune.

Appétit exceptionnel pour le luxe

«Il y a en ce moment un appétit exceptionnel pour investir dans le luxe.» Vincent Perriard souligne ainsi à son tour ce que l’on perçoit depuis quelque temps déjà sur les grandes cotations du secteur, en précisant sa propre définition du luxe, qui englobe «tous produits à forte valeur ajoutée ou émotionnelle», incluant le lifestyle. 

Les contacts avec les investisseurs seraient prometteurs, mis en confiance par le parcours des associés et par deux transactions en conclusion cet été via des «sponsors / investisseurs»: une première acquisition dans le domaine de la mode et une seconde position est en cours de finalisation dans l’horlogerie. D’autre part la consolidation d’un portefeuille d’entreprises, ciblées pour leur potentiel après relance, repositionnement ou restructuration. L’objectif est de tenir quatre ou cinq positions entre 20 et 25 millions et de les accompagner d’une implication active au niveau du management. «Une approche purement entrepreneuriale.»

Le portefeuille à terme sera mixte et comportera des entreprises aussi bien locales qu’internationales. Le plus déterminant reste le profil des candidats et la capacité des gérants du fonds à identifier très tôt les bons dossiers, avant qu’ils commencent à circuler des les réseaux financiers. Vincent Perriard: «Il est plus difficile de trouver les deals intéressants et qui ne sont pas connus de tous car la concurrence est forte. La clé, c’est le réseau et avoir les informations en amont.»


 

 
 



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