L’immobilier de luxe devient plus rationnel

lundi, 03.07.2017

Plusieurs facteurs concourent pour faire appartenir au passé les exagérations qui ont pu être observées.

Christian Affolter

L’immobilier de luxe donne actuellement des signaux apparemment contradictoires. Certains biens splendides en vente depuis des mois, voire des années, n’arrivent toujours pas à trouver preneur. D’autre part, plusieurs professionnels actifs dans ce segment font état d’un déblocage de la situation par rapport aux années passées, marquées notamment par les incertitudes concernant les conditions-cadre politiques en Suisse.

Ces deux éléments font partie de la même réalité. Ils révèlent également que l’immobilier de luxe n’est pas monolithique, mais se subdivise lui-même en plusieurs segments. Les objets qui sont acquis ont été proposés à des prix considérés justes. Les exagérations ont donc été corrigées. Les propriétés qui restent à vendre affichent par exemple des prix qui sont restés au niveau d’avant la correction. Pour les promoteurs, il est donc absolument essentiel de ne pas accepter de mandats à des prix de vente trop élevés. D’autre part, les sites valant plusieurs dizaines de millions de francs s’inscrivent mal dans la tendance à acquérir plusieurs biens répartis dans le monde entier, plutôt qu’une seule grande propriété. Ce problème-là ne se limite pas à la Suisse, Même si l’émotion garde toujours une part essentielle dans l’immobilier de luxe, les arguments rationnels ont gagné en importance. Cela vaut même pour des clients en provenance de Russie ou du Moyen-Orient, qui avaient par le passé la réputation d’alimenter la hausse de prix. Il s’y ajoute que la Suisse garde certes des atouts en comparaison internationale, mais l’époque où des personnes fortunées allaient s’établir dans notre pays pour des raisons essentiellement fiscales est révolue. Les acquéreurs actuels sont déjà installés en Suisse, ou s’entourent de conseillers connaissant parfaitement la situation actuelle sur ce marché. page 3


 

 
 



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