Le secteur du shipping en Suisse

jeudi, 15.06.2017

Nicolette de Joncaire

Une étude sur le secteur du shipping en Suisse, mandatée par la Swiss Trading and Shipping Association à l’institut de recherche Oxford Economics, met en évidence l’importance du secteur maritime en Suisse. En effet, selon l’étude, la Suisse se classe au 11e rang mondial et au 5e rang européen, avec une flotte opérée de 812 navires et de 42 millions de tonnes brutes. En 2016, le secteur représente 2000 emplois directs et une contribution directe de 2,4 milliards au PIB suisse, soit 0,4% du PIB. 

Sous ensemble de la flotte commerciale opérée en Suisse, la flotte battant pavillon suisse est à l’heure actuelle, selon l’Office suisse de la navigation maritime (OSNM), composée de 49 navires de commerce pour une capacité de chargement totale de 1,7 million de tonnes (tonnage de port en lourd), ce qui équivaut à environ un pour mille du tonnage mondial. Elle se compose de vraquiers, de navires à usages multiples ainsi que de navires-citernes pour le transport d’asphalte et de produits divers, affrétés à la demande à l’échelle mondiale. Elle est exploitée par six sociétés d’armateurs dont le siège doit obligatoirement être en Suisse. Le tableau ci-dessous indique la répartition des navires par armateur. 

Sous certaines conditions (dont la possibilité de réquisitionner les navires pour assurer l’approvisionnement économique du pays en cas de conflit), la Suisse offre aux armateurs un fond de garantie pour cautionner les prêts bancaires servant à l’acquisition des bateaux. La crise du shipping a récemment contraint le Parlement à lui accorder un supplément de 215 millions de francs  pour liquider 13 navires des sociétés Swiss Cargo Line (SCL) et Swiss Chem Tankers (SCT) dont l’achat avait été cautionné. Ce qui pourrait remettre en question le mécanisme de cautionnement, jugé obsolète par certains conseillers comme Christian Levrat. Dans le cas où ce cautionnement serait aboli, la Suisse perdrait encore en attractivité, à moins d’introduire la taxe au tonnage. 

Sur le plan réglementaire, la flotte est placée sous la surveillance de l’OSNM qui assume la vérification du respect des prescriptions légales, l’établissement des lettres de mer, le contrôle des prescriptions concernant la construction, la sécurité, l’équipement et la protection de l’environnement, la surveillance de l’application des dispositions de la législation du travail relative à l’équipage, l’établissement des livrets de marin pour les membres d’équipage suisses, la validité des brevets et des certificats étrangers conformément à la Convention internationale de 1978, la préparation des projets de ratification par la Suisse de conventions internationales sur la navigation maritime, la dénonciation des infractions commises à bord des navires suisses et le traitement des recours déposés contre des mesures disciplinaires, la représentation de la Suisse auprès des organisations internationales et l’application des prescriptions et des mesures techniques et de politique commerciale prises à l’étranger dans le domaine de la navigation maritime. (NJN)



 

 
 



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