Une option viable pour les caisses de pension courageuses

vendredi, 09.06.2017

Christian Affolter

L’idée que les énormes ressources financières que représentent les fonds de prévoyance suisses devraient participer au développement de l’économie suisse commence à faire son chemin. La preuve en est que toute une journée a été consacrée hier aux possibilités et conditions d’investissement des caisses de pension dans des entreprises non cotées. Il est cependant toujours possible d’avancer une multitude de paramètres et de contraintes pour justifier un certain manque de courage et d’engagement. Une caisse de pension est-elle tout d’abord une structure assimilable à une assurance avec un devoir de fiducie, ou plutôt un fonds de capital-risque? Ces réflexions sont révélatrices d’un malentendu: personne ne suggère à une caisse de pension d’investir des millions dans une seule entreprise. Les efforts entrepris au cours des dernières années tant au niveau politique que du côté des banques et de l’industrie financière visent justement à transformer ces investissements en option viable (et non pas en obligation morale) pour les caisses. D’autant plus que le stade auquel leur contribution serait particulièrement précieuse n’est pas celui, le plus risqué, du lancement d’une start-up, mais celui de la période de croissance. Soit exactement le creux de financement qui fait qu’actuellement, plein de concepts prometteurs élaborés en Suisse quittent notre pays, ensemble avec les investisseurs étrangers qui ont participé à cette étape cruciale. Cela est d’autant plus regrettable que des entreprises arrivées à ce stade ont déjà subi plein d’évaluations permettant de mieux estimer les risques. La diversification d’un fonds privé géré de manière professionnelle les diminue encore plus. Cette solution-là permet aussi d’investir dans des entreprises à plusieurs stades différents, et de lisser ainsi les revenus générés. Une recatégorisation de ces placements, beaucoup plus proches de l’économie réelle que des stratégies alternatives, contribuerait certainement à décomplexer le débat.n


 

 
 

 
 

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