Économie créative: l’exemple de Zurich

jeudi, 08.06.2017

Au milieu des années 2000, les autorités du canton ont décidé de promouvoir une vision unique et cohérente du futur de leur région.

J’ai participé, en tant que directeur romand d’Avenir Suisse aux discussions. L’économie créative a été rapidement choisie comme l’élément de cristallisation d’une nouvelle politique régionale. 

Se situant entre la promotion économique, la promotion de la recherche et de l’innovation et la diplomatie cette thématique a été jugée par tous très porteuse. Aujourd’hui avec l’installation de deux centres de recherche et d’innovation de niveau mondial, ceux de Google et de Disney qui s’ajoutent à ceux déjà existant d’IBM, de l’industrie ou des start-ups, ce sont plus plusieurs milliers de personnes qui travaillent dans l’économie créative et encore, c’est sans compter sans les informaticiens (projet Digital Zurich devenu depuis peu Digital Zwitzerland). Pour être complet tout à fait, il faudrait y ajouter les designer, les communicants (agences) et les spécialistes des télécommunications notamment d’internet.

Comment Zurich a-t-elle réussi son pari: Trois axes principaux ont été poursuivis: 1) formation massive de jeunes dans l’informatique et le design (plus de mille par an); 2) promotion de la recherche et de l’innovation qui s’inscrivait dans une perspective plus large de type diplomatie scientifique; 3) enfin, promotion économique, au sens large du terme, mêlant endogêne et exogêne (promotion des investissements étrangers). Outre la création d’emplois et une contribution importante au PIB, la force principale des industries créatives réside dans leur capacité à innover et à créer de la valeur ajoutée pour demain. 

Un exemple pour la Métropole lémanique

C’est cette recherche de valeur que la «Métropole Lémanique» devrait poursuivre. Les villes de Lausanne et de Genève ont déjà cette force d’innovation intra muros, elles devraient poursuivre en même temps un stratégie extra muros sous le modèle du CERN (la plupart des scientifiques du CERN ne sont pas basés à Genève mais y viennent pour effectuer leurs expériences ou assister à des congrès). Cette approche représente un potentiel énorme pour la métropole lémanique dans un but de revitalisation de notre politique d’innovation régionale.

Congrès, formation et infrastructure: voilà les trois éléments clés.

La recherche et l’innovation suisses s’exportent bien, notamment grâce aux efforts de promotion des universités et hautes écoles elles-mêmes, mais également grâce au réseau des Swissnex. 

Ancrés dans les écosystèmes de régions-clés, ces «connecteurs» génèrent des partenariats qui ont un impact positif non seulement au niveau de la recherche mais aussi en termes économiques.

Un tissu économique local et régional plus innovant grâce à un encouragement des industries créatives pourrait avoir des effets positifs en terme économique et de promotion économique exogène. La promotion des investissements étrangers mise beaucoup sur les arguments tels que la qualité de la main d’œuvre et la capacité d’innovation de la Suisse. Pour des entreprises étrangères fortement demandeuses, l’existence de tels écosystèmes représente un atout important. Elles savent qu’elles trouvent un terreau propice à leurs activités.

Messieurs Philippe Leuba et Piere Maudet, faites comme votre collègue Christophe Darbellay: un département unique de l’économie et de la formation; puis créer les «Assisses de la Métropole Lémanique de l’Économie Créative» qui ferait de cette région la première de Suisse. HEAD, ECAL, UNI’s, EPFL, HES-SO et autres représentants de l’économie pourraient vous y aider. 

Ayez du courage car l’ambition est de nouveau de ce côté-ci de l’Atlantique!


 

 
 

 
 
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