Un nouvel ordre mondial multipolaire

mercredi, 07.06.2017

L’armement et la sécurité font partie des bénéficiaires de cette évolution. Pour les investisseurs, les probabilités et la capacité d’adaptation sont les clés.

Les propos d’Angela Merkel selon lesquels l’Europe devrait prendre son destin davantage en main à l’avenir confirme une évidence: l’émergence d’un nouvel ordre mondial politique multipolaire. Comme les USA ne veulent plus payer le prix de leur rôle traditionnel de puissance hégémonique, de nombreuses cartes sont redistribuées.

Un bénéficiaire de cette évolution est l’industrie mondiale de l’armement et de la sécurité. Les cours des actions de ce secteur montent en flèche, d’où de nouveaux positionnements, des alliances et des ambitions revues à la hausse. La recherche du pouvoir, du prestige et des privilèges incite à jouer gros, à bluffer et à marchander. 

Pourtant, la mondialisation, sous l’égide de la «Pax Americana» –qui est peut-être le phénomène le plus important de l’histoire du monde des quarante dernières années – n’est pas terminée. Bien au contraire, elle a amorcé une nouvelle phase. Les évolutions technologiques, écologiques, démographiques et sociales continuent de transformer notre monde en une communauté de destins. La récente panne de courant chez British Airways, la cybercriminalité, le réchauffement climatique et le terrorisme nous concernent tous bien souvent, indépendamment de l’ordre politique mondial. Internet et nos aspirations commerciales restent des facteurs qui stimulent la mondialisation. 

Trois conséquences

Trois conséquences en découlent pour les investisseurs. Premièrement, les indices de volatilité, qui se situent à des planchers record, sous-estiment probablement des risques individuels ayant une portée internationale. Il en résulte, deuxièmement, que la forte diversification des portefeuilles, puisqu’elle est durablement gratuite, demeure la meilleure protection de la pérennité des avoirs de placement. Une diversification mécanistique entre plusieurs facteurs de risque présentant une faible corrélation historique ne suffit pas, car les corrélations évoluent. Une diversification prospective des facteurs de risque dans nos mandats de gestion de fortune est peut-être plus importante que jamais. Il est aussi possible de procéder à une diversification entre plusieurs grandes tendances qui suivent leurs propres cycles. 

Troisièmement, les investisseurs peuvent même s’inspirer des joueurs de cartes performants, qui réfléchissent de manière probabiliste. Au fur et à mesure que le jeu progresse, ceux-ci adaptent leur tactique aux nouveaux éléments et probabilités. La flexibilité mentale, le sens des probabilités et la capacité d’adaptation sont pour eux les clés du succès. «Prepare, don’t predict», voilà le principe à suivre ici. Cette réflexion probabiliste et une stratégie clairement définie sont des vertus discrètes en matière de placement qui sont susceptibles de marquer la différence entre la spéculation et l’investissement. – (Credit Suisse)


 

 
 

 
 
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