Les cryptomonnaies pour des transactions sûres

jeudi, 18.05.2017

Les monnaies virtuelles sont une étape dans le développement des moyens de paiement électroniques.

Gian-Carlo Collenberg*

Les cryptomonnaies sont des moyens de paiement numériques basés sur des techniques de cryptage modernes visant à garantir la sécurité des transactions. Contrairement à l’argent créé par les banques centrales, les cryptomonnaies peuvent être produites par des opérateurs de marché privés et existent uniquement sous forme de code numérique. En Suisse aussi, les particuliers peuvent émettre des monnaies virtuelles, pour autant qu’ils respectent les dispositions en vigueur du droit bancaire et les règles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

La valeur la plus précieuse d’une monnaie est la confiance. Ceci est aussi valable pour les cryptomonnaies. De nombreuses monnaies traditionnelles ont cependant dû faire face à une perte de confiance dans le contexte de l’inondation de liquidités des banques centrales ces dernières années. Une cryptomonnaie programmée robuste peut donc constituer une alternative intéressante à la monnaie papier émise par les banques centrales. La sécurité des monnaies numériques est garantie au moyen d’une technique de cryptage extrêmement complexe. Les principaux avantages des cryptomonnaies sont la blockchain publiquement accessible, qui permet à tout un chacun de surveiller l’ensemble des transactions, et le fait que les processus de paiement et les transactions soient effectués gratuitement et sans l’interposition d’établissements financiers comme les banques.

Toutes les transactions numériques ont donc lieu directement et exclusivement entre l’acheteur et le vendeur. Cela est possible grâce à la technologie blockchain. Chaque transaction est enregistrée automatiquement dans un bloc de données sécurisé, horodaté et relié au bloc précédent. Grâce à cette procédure, tous les flux financiers peuvent être suivis aisément. Les banques ont aussi reconnu les avantages de la technologie blockchain et se penchent activement sur la question.

Pour qu’une cryptomonnaie puisse être négociée, il faut d’abord qu’elle soit créée. Par analogie avec le processus d’extraction de l’or, cette activité est appelée «minage». Le minage – pour les monnaies traditionnelles, on parlerait de création de monnaie – se fait par exemple par le biais d’un système de preuve de travail. En d’autres termes, un utilisateur doit fournir la preuve d’une certaine prestation de travail sous la forme de puissance de calcul mise à disposition ou effectivement fournie par son propre ordinateur pour pouvoir créer ou gagner de nouvelles unités de cryptomonnaie. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas mettre à disposition de la puissance de calcul pour le minage ont éventuellement la possibilité d’acquérir des «tokens» et donc de déléguer l’opération de minage.

La monnaie cryptographique probablement la plus connue, le Bitcoin, est apparue en 2009 en pleine crise financière. Depuis, le Bitcoin s’est imposé et le Trésor américain l’a reconnu comme devise virtuelle décentralisée. L’autorité de surveillance allemande, la BaFin, la considère comme une unité de valeur comparable aux devises. La société Gira Financial Group, fondée en Suisse en 2016, a lancé une nouvelle cryptomonnaie, le Giracoin. Contrairement au Bitcoin, le Giracoin est émis par un intermédiaire financier officiel et toutes les transactions et participants sont soumis à la surveillance au sens de la loi sur le blanchiment d’argent. Le Giracoin ne peut donc pas être utilisé pour des transactions illégales, ce qui est souvent reproché au Bitcoin. En outre, le Giracoin a pour avantage d’être intégré dans un système fermé de membres, partenaires commerciaux et acheteurs nettement plus sécurisé contre les attaques extérieures.

Le Giracoin s’appuie sur la technologie du Bitcoin, mais va plus loin en recherchant activement des commerçants qui acceptent cette monnaie. Seule une cryptomonnaie qui peut être facilement acquise et échangée peut avoir du succès sur le marché. Elle ne doit pas seulement permettre d’acheter des biens et des services, mais doit aussi pouvoir être investie. L’indemnisation de l’émetteur a lieu de manière similaire au système de la banque WIR, par le biais du réseau de membres.

Entre-temps, de nombreuses cryptomonnaies sont apparues dans l’immensité d’internet. Elles réunissent actuellement une «capitalisation» de près de 24 milliards de dollars, dont 16 milliards reviennent au Bitcoin à lui seul. La question de savoir quelle monnaie virtuelle s’imposera à long terme reste ouverte. Cependant, on peut faire le pronostic que pour les cryptomonnaies aussi, c’est la technologie la plus simple à utiliser qui sera adoptée.

* CEO Gira Financial Group AG


 

 
 



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