Le boom de la dette privée

jeudi, 18.05.2017

La quête de rendement explique l’engouement des investisseurs pour cette classe d’actifs.

Umberto Boccato*

L’évolution du cadre réglementaire, Bâle III et Dodd Frank aux États-Unis, a chassé les banques des activités de prêt. Ce phénomène est particulièrement marqué sur le segment des PME et, parce que les exigences de fonds propres imposées aux banques sont trop strictes, de nouveaux acteurs prennent pied dans ce nouvel espace.

Le marché de la dette privée est vaste et il va du crédit à la consommation (cartes de crédit, prêts étudiants, leasing) aux prêts aux entreprises (financements commerciaux, financement de franchises) en passant par le crédit-bail de matériel (autos, avions, machinerie, équipement médical), les prêts immobiliers (résidentiel et commercial) et le financement participatif.

Concernant ce dernier segment, une analyse top down de ce marché menée depuis plusieurs années incite à l’éviter.

Des intervenants nombreux

En effet, les intervenants y sont déjà nombreux. De plus, les rendements ne semblant plus suffisamment attrayants, les gérants sont forcés d’intégrer du levier ou d’accorder des prêts à des emprunteurs de moins bonne qualité.

Les gérants de taille moyenne (actifs sous gestion inférieurs à un milliard de dollars) et les créanciers spécialisés évoluant sur des marchés niches affichent en général un meilleur profil rendement-risque: la concurrence dans leur secteur est  moindre, le vivier d’emprunteurs récurrents est plus important et ils n’utilisent en général pas ou peu de levier. Revers de la médaille, ces gérants sont souvent difficiles à identifier et fréquemment limités en termes de capacités. Ils permettent néanmoins d’élargir l’éventail des investissements alternatifs tout en maintenant une approche entrepreneuriale spécialisée.

Et il devient possible de passer d’un fonds de dettes privées à une structure de type «private equity» qui  se caractérise par une période d’investissement de trois ans, suivie d’une collecte (harvesting period) sur deux ans, avec possibilité de prolongation sur les deux années suivantes.

Pour cette classe d’actifs, une rentabilité nette de 10% (TRI) avec une distribution potentielle de 6% à 8% par an sur base trimestrielle est envisageable. Il est important de souligner que ces actifs ne sont pas impactés par l’augmentation des taux puisque la plupart des prêts sélectionnés sont à taux variables.

L’un des domaines où l’on peut trouver des occasions intéressantes est celui des crédits relais aux États-Unis, tant dans l’immobilier commercial que résidentiel. En effet, les investisseurs ayant rapidement besoin de capitaux acceptent des taux plus élevés, tout en bénéficiant  néanmoins d’une source de financement moins coûteuse que le prêt bancaire.

Ces crédits-relais ont une durée généralement inférieure ou égale à 2 ans, la plupart d’entre eux sont accordés sur moins de 50 % de la valeur du bien et assortis d’une hypothèque de premier rang, de pénalités de remboursement anticipé et de garanties personnelles de l’emprunteur.

 L’un des gérants avec lequel nous avons investi a octroyé plus de 200 prêts de ce type et n’a subi de perte en capital qu’à une seule occasion, récupérant néanmoins 94 % du montant prêté.

Destinée à l’origine à quelques privilégiés, la dette privée devient plus largement accessible, que ce soit au travers d’un investissement direct ou celui d’un fonds de placement.

*Head of Investments Mirabaud Asset Management


 

 
 



agefi_2017-05-18_jeu_02
 


...