Pour en finir avec les lois sur les gants à gril

lundi, 15.05.2017

D’abord, on sourit. Quand on lit les conditions légales pour commercialiser des gants à gril, on rit « de bon cœur ». Puis, passée la rigolade, on s’interroge. Nos lois sont-elles adaptées aux besoins des entrepreneurs ? Et la réponse est non. Le Parlement développe une « réglementite aiguë ». On micro-gère. On légifère sur tout et n’importe quoi. Une collègue a voulu interdire le célibat des lapins. Alors, pourquoi pas les gants à gril ?

La situation est grave. Car au delà de la boutade, la bureaucratie étouffe l’entrepreneuriat. Elle brûle 10% de PIB, comme le rappelle notre dossier. Elle décourage les entrepreneurs, créateurs d’emplois. Une partie du Parlement l’a compris. Une partie seulement, car la professionnalisation de la vie politique suisse a un impact direct sur notre économie : les entrepreneurs ont quitté les chambres fédérales. Les gants à gril ou les cages à lapin passent avant les emplois.

Mais tout n’est pas perdu. Des propositions sont sur la table du Conseil fédéral. Plusieurs d’entre elles ont le soutien du Parlement, contre l’avis du gouvernement (lire en page 3). Un gouvernement étrangement hostile aux mesures destinées à faciliter la vie des créateurs d’emplois. La dernière opposition gouvernementale est emblématique: le Département de justice et police a rejeté mercredi une proposition de mon collègue Ruedi Noser. Il voulait des visas pour entrepreneurs. Le Conseil fédéral s’y oppose. Car, à Berne, quand on parle d’immigration, on parle d’asile, pas d’économie. 

C’est un exemple. Une illustration : dans l’ordre des priorités politiques bernoises, les entrepreneurs passent en dernier. Il serait temps que ça change. Pour en finir avec les lois sur les gants à gril.


 

 
 



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