Quand la politique menace la prospérité suisse

jeudi, 11.05.2017

Tout va bien. Le monde sort d’une crise économique majeure, mais la Suisse va bien. Une région va même très bien: la Suisse romande. Malgré dix ans de crise financière mondiale, malgré un climat international tendu, malgré une crise migratoire sans précédent, malgré le franc fort, malgré tout ça, la Suisse romande va bien. Et la situation devrait aller en s’améliorant.

Car la Suisse romande ne se contente pas d’aller bien. C’est la vraie bonne nouvelle du jour: elle veut aller mieux encore. Elle investit dans l’avenir, grâce à l’EPFL, l’Université de Lausanne et l’Université de Genève. La collaboration entre nos trois Hautes Ecoles fait de l’arc lémanique un pôle d’excellence mondial de la santé. Au Campus Biotech, elles développent un laboratoire de référence dans un domaine d’avenir fondamental: l’analyse génétique, le traitement des données, la santé personnalisée. Sur les bords du lac Léman, la Suisse romande invente le monde de demain. En toute modestie. Elle attire ainsi des acteurs du monde entier, comme le chinois Biostime.

Tout se joue là, au niveau de la recherche. Les acteurs économiques romands l’ont bien compris. Les privés s’engagent, et investissent massivement au Campus Biotech. Parallèlement, nos multinationales investissent des milliards dans la recherche et le développement. Elles n’ont pas le choix, face aux géants de la Silicon Valley qui disposent de centaines de milliards de dollars pour inventer un monde meilleur, et écraser la concurrence. Au passage.

La Suisse n’a pas le choix. Si elle veut rester compétitive, elle doit investir, encore et toujours, dans la recherche, le développement, l’innovation. A Berne, on ne l’a pas compris. D’abord en rognant tant qu’on peut sur les budgets de la recherche publique. Puis en sortant nos université des programmes de recherche européens. Sans parler des querelles permanentes d’un Parlement devenu hystérique. Nos organisations patronales s’inquiètent: la classe politique est-elle à la hauteur de la tâche? Coup sur coup, sans se concerter, la FER et la CVCI tirent la sonnette d’alarme: absence de consensus, polarisation extrême, instabilité… La Suisse va bien, mais les politiques ne l’aident pas.

Retrouvons notre sens du consensus. Pour développer, par exemple, une politique fiscale encourageant l’innovation. Dans le cadre de la RIE 3, la gauche a combattu les déductions de frais de recherche et développement. Par principe. Si elle tient, comme nous, à la prospérité du pays, elle peut encore revoir sa position. Il est temps que la politique parle d’économie sans dogmes. Emmanuel Macron l’a compris. On devrait y arriver aussi.


 

 
 



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