Un oui pragmatique

mardi, 09.05.2017

La priorité estime la CVCI doit être d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en électricité a un coût compétitif.

Claudine Amstein, Directrice de la CVCI

La Stratégie énergétique 2050 sera soumise à votation le 21 mai prochain, six ans après avoir été initiée par le Conseil fédéral.

Son objectif consiste à abandonner progressivement le nucléaire, qui représente aujourd’hui environ un tiers de notre production d’électricité. Pour le remplacer, la Confédération mise sur un accroissement des nouvelles énergies renouvelables, via des aides accrues, ainsi que sur des économies d’énergie, tout particulièrement au niveau du parc immobilier.

Dès le lancement de la consultation, la CVCI a constamment fait valoir qu’en matière de politique énergétique, la priorité doit être d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en électricité à un coût compétitif.

Au final, la Stratégie énergétique 2050 n’y tend que partiellement. Mais nous devons aussi constater que le statu quo ne garantirait pas davantage la sécurité de l’approvisionnement de notre pays, puisque les centrales nucléaires vont arriver en fin de vie au cours des 20 à 30 prochaines années.

Suppression

des subventions

Après mise en balance des éléments négatifs et positifs, le Conseil stratégique de la CVCI a décidé de soutenir cette loi. Le premier des arguments plaidant en sa faveur n’est pas le moindre: la Stratégie énergétique 2050 prévoit une suppression pure et simple, dans un horizon de 10 à 15 ans, des subventions destinées aux nouvelles énergies renouvelables ainsi qu’aux travaux destinés à assainir les bâtiments.

D’ici là, les aides seront certes accrues, mais accélérer la rénovation du parc immobilier suisse aura un impact bénéfique, à la baisse, sur la consommation. Cette tendance sera par ailleurs renforcée par des incitations fiscales destinées aux propriétaires des immeubles, un instrument que la CVCI a toujours défendu.

Deuxième point essentiel: la Stratégie énergétique 2050 ne comporte aucun objectif contraignant en matière d’économie d’énergie.

Les taux de diminution de la consommation inscrits dans la loi sont de simples valeurs indicatives. Contrairement à ce que prévoyait initialement le Conseil fédéral, un éventuel échec de leur atteinte ne déclenchera donc aucun ajustement automatique.

Le Conseil national a validé cet état de fait en refusant d’entrer en matière sur le second volet de la Stratégie énergétique, qui prévoyait des taxes incitatives.

Les entreprises n’ont plus à démontrer qu’elles sont prêtes à s’engager en faveur des économies d’énergies.

Grâce aux conventions d’objectifs passées entre les grandes entreprises et l’Agence de l’énergie pour l’économie, les objectifs de diminution des émissions de CO2 ont été systématiquement dépassés au cours des quinze dernières années.

Les actions volontaires, réalistes et basées sur des critères de rentabilité sont les plus probantes.

La Stratégie énergétique 2050 – davantage orientée marché que ce n’est le cas actuellement en matière de renouvelable – tient compte de ces éléments. La CVCI défend donc un oui pragmatique. n


 

 
 

 
 
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