Contrer la hausse des primes sans rationner les prestations

lundi, 08.05.2017

La FMH propose une révision globale du TARMED au lieu d’un tarif fixé par le Conseil fédéral.

La Chambre médicale de la FMH a été l’occasion d’aborder les importants défis politiques qui attendent le corps médical suisse. D’une part, il s’agit de réviser la structure tarifaire ambulatoire afin de lutter efficacement contre toute atteinte à l’autonomie tarifaire: la FMH présentera une proposition de tarif révisé au courant de l’année 2018. D’autre part, l’introduction d’un budget global dans le secteur ambulatoire de l’AOS, tel que l’envisage actuellement le milieu politique, doit être absolument empêchée: avec un budget global, les patients devront attendre plus longtemps pour bénéficier d’un traitement ou se verront même refuser certaines prestations, créant ainsi une médecine à deux vitesses et un rationnement des prestations médicales. La FMH encourage donc le monde politique à enfin uniformiser le financement des prestations ambulatoires et hospitalières pour maîtriser la hausse des coûts sans rationner les prestations.

Le Dr Jürg Schlup, président de la FMH, a appelé le corps médical à s’unir pour préserver l’autonomie tarifaire et empêcher l’introduction d’un budget global dans le secteur ambulatoire de l’AOS. A l’avenir aussi, les patients doivent pouvoir continuer de compter sur une prise en charge médicale de qualité, financièrement supportable.

En juin 2016, lors d’une votation générale, les membres de la FMH ont rejeté la révision du tarif ambulatoire TARMED qui leur était proposée. Depuis, la FMH met tout en œuvre pour terminer d’ici 2018 ses travaux d’amélioration de la révision globale, débutés en septembre 2016.Contrairement à l’intervention tarifaire du Conseil fédéral, qui altère encore davantage un tarif d’ores et déjà inapproprié, la révision globale permet de renforcer la médecine ambulatoire, d’actualiser les prestations et d’apporter ainsi une contribution essentielle à la prise en charge médicale.

Gérer les admissions

La FMH s’oppose à l’introduction d’une régulation des coûts et du nombre de prestations. Avec ce système, une fois le budget épuisé, les prestations seront repoussées (temps d’attente) ou ne seront plus accordées. Ce rationnement implicite des prestations ambulatoires a un impact direct sur la prise en charge des patients. Il limite l’accès aux prestations médicales et conduit inévitablement à une médecine à deux vitesses, à des dépenses supplémentaires et à une hausse de l’ensemble des coûts de la santé.

Au lieu d’introduire un budget global dans le secteur ambulatoire de l’AOS, la FMH encourage donc le monde politique à uniformiser le financement des prestations ambulatoires et hospitalières. Les traitements ambulatoires permettent d’économiser sur les traitements hospitaliers souvent beaucoup plus onéreux. Actuellement, ces économies impactent les primes qui augmentent faute d’un financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières et ne sont, de ce fait, bien souvent pas réalisées. D’après les études de PwC et Helsana, un financement uniforme des prestations hospitalières et ambulatoires permettrait d’économiser de 1 à 3 milliards de francs chaque année.  La FMH propose des critères de qualité faciles à appliquer dont l’efficacité est prouvée pour l’admission des médecins à facturer à la charge de l’assurance-maladie obligatoire. Premièrement, les médecins suivent trois ans de formation postgraduée dans la discipline demandée pour l’admission. Pendant ces années, ils se familiarisent avec le système sanitaire et social, et le système des assurances de notre pays. Deuxièmement, l’attestation de formation continue doit être exigée régulièrement contrairement à ce qui se fait actuellement. Et troisièmement, les médecins justifient de leurs compétences linguistiques dans une des langues officielles de leur région d’activité par un examen de langue passé en Suisse. Cette obligation ne concerne pas les médecins qui ont fait leur maturité en Suisse ou accompli leurs études (ou maturité) dans la langue officielle de leur région d’activité.Consciente de l’importance de la communication avec les patients et au sein de l’équipe médicale, la FMH défend ainsi la sécurité des patients et la qualité des soins. – (FMH)


 

 
 

 
 
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