Alexandre Zeller for president

jeudi, 27.04.2017

Christian affolter

Credit Suisse vient de donner enfin une réponse claire à la question des modalités de l’augmentation de capital (lire L’Agefi de mardi). Elle en soulève cependant d’autres, au moins aussi importantes, qui seront probablement abordées déjà lors de l’assemblée générale ordinaire de demain.

Il est loin d’être acquis que la stratégie du conseil consistant à reporter une partie de ces questions lors d’un nouveau rendez-vous à la mi-mai va fonctionner. Les rémunérations peuvent être évaluées sous un angle nouveau, des dirigeants d’autres banques ayant renoncé par le passé à tout variable lorsqu’ils avaient proposé aux actionnaires une augmentation de capital. La décision de ne pas passer par la cotation d’une Swiss Universal Bank (SUB) laisse en plus apparaître le rôle de cette entité dans une structure de groupe toujours aussi peu clairement définie.

Les personnes recrutées pour diriger SUB ne sont-elles pas par ailleurs trop qualifiées si la séparation devait se révéler principalement d’ordre juridique? On pense évidemment à Alexandre Zeller, venant de SIX pour présider le conseil de SUB. Fonction qui semble tout d’un coup bien étroite. N’est-il pas au bénéfice d’une longue expérience bancaire, dans le Credit Suisse des années 1990 en particulier? A la tête de BCV, puis de HSBC Private Bank ensuite, avec une certaine habitude des situations de crise?

Rohner ne se trouve-t-il pas toujours plus remis en cause d’assemblée en assemblée? Pouvant en particulier être tenu pour responsable de tout ce qui s’est passé depuis le tremblement de terre de 2008? Le fait d’avoir finalement dû consentir à une nouvelle augmentation de capital dont la nécessité a été si longtemps niée n’ajoute rien à sa crédibilité. Ce n’est pas tant une question de compétences que de vulnérabilité objective par rapport à l’histoire récente de Credit Suisse. De la situation confuse dans laquelle se trouve actuellement cette référence bancaire.

N’était-il pas d’ailleurs prévu qu’Alexandre Zeller entre au conseil de CS Group en tant que président de SUB? Contrairement aux assemblées précédentes, Credit Suisse dispose cette fois d’une alternative plus que crédible à l’interne, ce qui ne devrait pas avoir échappé à certains actionnaires contestataires. Un tel scénario laisserait évidemment le dossier SUB encore plus en suspens. Ce qui paraît pour le moins mineur face à l’importance et à l’urgence  du problème de top gouvernance qu’il s’agit de résoudre.n






 
 

AGEFI



...