Dangers de la préférence nationale

mercredi, 19.04.2017

La tendance ne porte pas que sur les ressources humaines. Elle ne mène nulle part du point de vue de la croissance.

Jean-Pierre Roth*

La mode actuelle est au «me first» selon laquelle la préférence nationale doit l’emporter en matière de stratégie économique. C’est un slogan claironné haut et fort aux Etats-Unis mais c’est aussi une idée souvent avancée en Europe (on la retrouve fréquemment dans la campagne présidentielle française) et qui pourrait bientôt faire d’autres émules. «Me first» est une idée à courte vue, à très courte vue même si elle devait se propager dans notre pays dont l’étroitesse du marché intérieur ne pourra jamais assurer la prospérité économique. Mais cette idée est aussi contre-indiquée pour de plus grands espaces tant il est vrai que les échanges ont été l’un des moteurs des progrès sociaux observés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs l’isolement est une idée chimérique alors que les idées et les avancées technologiques circulent toujours plus rapidement autour du globe. Ceux qui y succomberont - s’ils parviennent à leurs fins - se marginaliseront au détriment du bien-être futur de leur population. Le «me first» n’est pas né d’une nouvelle doctrine économique qui voudrait que l’isolement soit un gage de prospérité. Il s’est nourri d’une frilosité croissante de la classe moyenne qui a vu son revenu stagner ces dix dernières années depuis le déclenchement de la crise financière. Cette catégorie de la population, qui avait joué un rôle déterminant dans les transformations économiques du passé adopte maintenant une attitude défensive alors que les places de travail ne paraissent plus garanties du fait des progrès de la technologie et de la concurrence internationale. suite page 6

* Président de la BCGe, ancien président de la Banque nationale.


 

 
 



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