La valorisation initiale confortée

mardi, 11.04.2017

Lifewatch. L’offre d’acquisition de l’américain BioTelemetry reste étonnamment proche de la proposition d’Aevis.

Stéphane Gachet

La direction de Lifewatch (télémédecine, basé à Zoug) a attendu le dernier moment avant de présenter une offre alternative à celle du groupe Aevis, qui a lancé une procédure d’OPA le 7 mars dernier. La direction avait annoncé sa volonté de trouver une telle alternative et avait jusqu’à lundi, 10 avril, pour le faire (échéance de l’offre d’Aevis). La proposition retenue comme amicale (contrairement à celle d’Aevis, rejetée par le conseil d’administration) vient de l’américain BioTelemetry (avec cotation au Nasdaq), un opérateur de télémédecine connu et déjà dans le radar de Lifewatch au rang des futurs partenaires potentiels.

Le scénario était donc prévisible, mais la décision surprend tout de même. Le conseil d’administration de Lifewatch s’était opposé à l’offre d’Aevis surtout en raison d’une sous-valorisation. Or, la proposition de BioTelemetry parait extrêmement proche, équivalente même à dix millions près (250 millions pour Aevis contre 260 pour BioTelemetry). Un niveau de valorisation calculé, dans les deux cas, sur un échange d’actions, obligatoire avec BioTelemetry, en option avec Aevis.

Le prospectus de BioTelemetry devrait être publié dans une huitaine et il faudra attendre cette étape pour mesurer complètement le périmètre du deal et savoir dans quelle mesure Aevis se repositionnera. Mais il semble déjà assez clair que l’actionnaire fera face à deux options bien tranchées, qui tiennent plus dans la qualité du repreneur que du potentiel intrinsèque de Lifewatch. Aevis est resté assez réservé sur les synergies potentielles, mais très engagé sur sa capacité à libérer la valeur de Lifewatch à moyen long terme et à soutenir l’actionnaire à travers la hausse concomitante du titre Aevis. A l’opposé, BioTelemetry évoque des synergies importantes attendues déjà 12 à 18 mois après le closing, mais sans prendre véritablement le risque de les intégrer dans l’offre, qui reste globalement à un niveau identique à l’offre d’acquisitions d’Aevis.

Dans les deux cas, il apparait clairement que Lifewatch ne parviendra pas à construire seul sa prochaine phase de croissance et que, en l’état, la valorisation estimée par Aevis dans son offre correspond bien à la vue du marché alors que le groupe est encore en pleine transformation et qu’il cherche encore son positionnement sur un secteur encore complexe du health monitoring. Page 5


 

 
 



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