Une transition énergétique nécessaire

lundi, 10.04.2017

Nous dépendons à 78% de deux sources d’énergie particulièrement périlleuses. Nous devons passer à l’énergie renouvelable.

René Longet*

Toute production, toute consommation d’énergie comporte sa part de nuisances, mais elles sont de natures très différentes. L’énergie nucléaire génère en continu des déchets radioactifs qui s’accumulent inexorablement. Les énergies fossiles polluent les mers et l’air et déséquilibrent le climat planétaire.

Actuellement, nous dépendons à 78% de ces deux sources d’énergie particulièrement périlleuses. Elles ont, de plus, l’inconvénient de ne pas être renouvelables, et d’être entièrement importées, entraînant un transfert annuel hors du pays de plus de 10 milliards de francs. Nous devons à l’évidence passer aux ressources renouvelables et mieux économiser l’énergie. Les efforts entrepris depuis une trentaine d’années ont permis de stabiliser la consommation d’énergie, ainsi que nos émissions de CO2, malgré une forte croissance du PIB et de la population. A partir de ces premiers résultats, il nous faut, et rapidement, mettre la vitesse supérieure.

Le modèle de la société à 2000 Watts nous montre la voie: de diviser par 3 la consommation d’ici 2050 et couvrir les 3/4 de celle subsistante par les énergies renouvelables.

Ces dernières années ont permis d’accumuler un large savoir faire: nous savons bâtir des maisons positives - qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, organiser la mobilité autrement, fabriquer des appareils, des moteurs, des installations bien plus économes, les utiliser avec parcimonie, les rendre réparables.

Adoptée au parlement fin septembre 2016, la stratégie énergétique de la Confédération implique notamment:

l De ne pas renouveler le parc des centrales nucléaires.

l De favoriser les énergies renouvelables par des subventions et d’autres appuis; la production hydraulique devrait légèrement augmenter d’ici 2035 et celle des nouvelles énergies renouvelables connaître une multiplication par 3, atteignant un tiers de l’électricité hydraulique.

l De fixer un objectif d’économies d’énergie de 43% d’ici 2035 et d’électricité de 13%.

l De renforcer les dispositifs en place pour l’amélioration énergétique des moteurs, équipements et bâtiments.

Certes se libérer du fossile et du fissile a un prix. Ainsi, le supplément sur le coût du transport de l’électricité passera pour quelques années de 1,5 ct /Kwh à 2,3 ct, rapportant quelque 480 millions pour les économies d’énergie et les énergies renouvelables, avec les nombreux emplois locaux, diversifiés et pérennes qui vont avec.

Mais continuer à dépendre d’énergies polluantes et non renouvelables coûtera infiniment plus cher. Notre sécurité d’approvisionnement ne peut, moins que jamais, être abandonnée aux raisonnements court-termistes.    

* Expert en développement

durable


 

 
 



agefi_2017-04-10_lun_02
 


...