De la concurrence politique vers la collaboration très pragmatique

lundi, 10.04.2017

Logistique. Seule une meilleure coordination entre rail et route permet de rendre le système suisse plus performant.

Christian Affolter

L’objectif d’améliorer la performance du système logistique suisse ne supporte pas la concurrence entre différents modes de transport. Une approche axée sur le développement des interconnexions entre rail et route a déjà commencé. Elle est basée sur des initiatives de transporteurs ayant reconnu les avantages de chacun de ces deux moyens pour créer leur propres interfaces, comme par exemple celle à Cossonay-Penthalaz ou le Gateway Bâle Nord, en cours de réalisation. Malgré cette absence de coordination officielle, le trafic combiné connaît actuellement la croissance la plus forte. La rédaction d’un document de position commun entre l’ASTAG (route) et CFF Cargo (rail) signifie que la collaboration intégrée entre modes de transports égaux devient la nouvelle norme pour le système logistique suisse. Une avancée à ne pas sous-estimer entre des partenaires jusqu’ici souvent perçus en tant qu’antagonistes, surtout dans le débat politique. Les deux partenaires présents sur le terrain ne s’en cachent pas: les nouvelles exigences de la clientèle, notamment les délais toujours plus courts, l’évolution des flux et des quantités transportées les obligent à une réorganisation en profondeur. Les capacités très limitées des infrastructures tant routières que ferroviaires par rapport à la croissance attendue de la demande en prestations de fret forcent à une utilisation aussi efficiente que possible. Déjà aujourd’hui, le nombre de courses à vide non productives a été réduit à un minimum. Le suivi offert par les innovations technologiques – le document parle de logistique 4.0, sous-entendant ainsi une interconnexion, tant pour les objets transportés entre eux qu’entre les objets et les différentes infrastructures qu’ils traversent – peut faciliter la tâche et également offrir un meilleur service aux clients. Du côté des transporteurs routiers, la fragmentation, avec quelque 6000 entreprises privées actives dans le domaine, rend d’autant plus important le fait que le processus soit désormais chapeauté par leur association, intégrant par conséquent les compétiteurs de taille plus modeste. page 3


 

 
 



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