GAM de nouveau interpellé sur des questions de rémunérations

jeudi, 06.04.2017

Le conseil d’administration n’entre pas en matière. Une prochaine crise de gouvernance paraît programmée.

Christian Affolter

Le conseil d’administration de GAM ne discute pas l’attaque frontale contre les dirigeants du groupe lancée par RBR Capital dans son invitation à l’assemblée générale du 24 avril publiée hier. Il se contente de demander aux actionnaires de refuser en bloc toutes les propositions faites par ce groupe et d’accepter les siennes. Et pourtant, le retrait du président Johannes A. de Gier donnera un véritable choix aux actionnaires entre deux candidats. Avec une issue incertaine au vu de la composition fragmentée de l’actionnariat, le britannique Silchester étant le seul à détenir une part supérieure à 15%. La prochaine crise majeure de gouvernance au sein d’une entreprise cotée sur SIX paraît par conséquent programmée.

Les reproches formulés fin mars par RBR sont loin d’être dénués de fondement. Un aspect essentiel tient en une phrase tirée de la présentation: «GAM dispose de produits magnifiques, mais doit mieux les vendre». Autrement dit, le problème ne réside pas dans la qualité de la gestion active de portefeuilles. Mais dans l’une des deux principales tâches incombant aux dirigeants d’un groupe gestionnaire d’actifs. La sélection en amont fonctionne bien, mais cela ne sert pas à grand-chose si la distribution en aval n’atteint pas son potentiel. Les compétiteurs ont fait mieux, en termes d’actifs sous gestion, de marge opérationnelle comme de l’évolution du cours du titre.

Les griefs ne pèsent guère moins sur des sujets plus couramment abordés sous le terme de gouvernance d’entreprise. Il n’est certes guère justifiable d’inclure une prime payée au début d’un mandat dans les calculs pour la rémunération régulière du président exécutif, comme le fait pourtant RBR. Même sans en tenir compte, il faut constater qu’aucune amélioration significative des actifs sous gestion ou du bénéfice net ne correspond à la hausse des composants variables, avec un élément fixe pour le président exécutif quasi stable depuis la création de GAM en 2009. L’année dernière, le montant payé aux membres du conseil et de la direction a dépassé un cinquième du bénéfice net. page 3


 

 
 



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