Le financement incertain d’un marché sous pression des coûts

mardi, 21.03.2017

Secteur santé. Léger ralentissement de la hausse des charges annuelles. Primes maladie doublées toutefois d’ici 2040.

Piotr kaczor

Le système suisse est-il trop coûteux en comparaison internationale? Qui paie la facture des frais de santé ? Dans quelle mesure les incitations inopportunes conduisent à une surconsommation de services médicaux ?

Ce ne sont là que trois des questions auxquelles l’équipe de recherche de Credit Suisse en Suisse a tenté de répondre dans un rapport présenté hier.

La Suisse affecte aux dépenses de santé une part un peu plus élevée que la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, soit 11% de sa performance économique annuelle (plus de 70 milliards de francs). Encore loin derrière les Etats-Unis (17%). Et ces coûts devraient progresser de 3,2% par an d’ici 2040 (+3,6% ces dix dernières années).

La part des dépenses de santé serait alors portée à 15%. Et c’est sur cet horizon que les primes moyennes d’assurances maladie par habitant devraient doubler. Actuellement, plus d’un tiers des coûts est indirectement couvert par les primes d’assurances maladie, et un petit tiers par les impôts. Alors qu’un quart des coûts sont directement acquittés par les patients.

L’augmentation des coûts de la santé, d’un tiers depuis dix ans, est à mettre sur le compte  de  l’évolution démographique pour près de la moitié:  croissance de la population, 29%, vieillissement 18%.

Le rapport attribue plus de la moitié (52%) de cette hausse à plusieurs facteurs interdépendants (progrès médical, incitations inopportunes, etc.). Une attention particulière est consacrée au développement de l’infrastructure hospitalière et à son financement. Si le nombre de patients traités en stationnaire devait augmenter de 25% d’ici 2030, l’augmentation du nombre de lits nécessaires devrait être limitée à moins de 5%.

Il est pourtant prévu de construire des hôpitaux à hauteur de 16 milliards de francs en Suisse actuellement.

Or un quart des hôpitaux enregistrent une marge suffisante pour financer durablement leurs infrastructures, comme l’a précisé hier l’économiste Andreas Christen. page 4


 

 
 



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